26 décembre 2006

Les questions de campagne du Cran

Les questions de campagne du Cran

Avant de déterminer sa stratégie pour l'élection présidentielle, le Conseil représentatif des associations noires met la pression sur les candidats.

Par Stéphanie PLATAT

QUOTIDIEN : mardi 26 décembre 2006

(avec AFP)

La question noire s'invite dans la campagne. Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) ­ créé à la fin de l'année dernière, dans la foulée des émeutes en banlieue de novembre 2005, pour combattre le racisme antinoir ­ adressera un questionnaire sur ce thème aux candidats à l'Elysée, avant de s'engager au côté de quiconque. Histoire d'augmenter la pression sur les responsables politiques à quelques mois des échéances présidentielle et législatives ( Libération du 18 décembre).

Ainsi, interrogé sur l'éventuelle présence d'un candidat noir dans la course à l'Elysée, le président du Cran, Patrick Lozès, affirme dans un entretien paru dimanche dans le Parisien : «Nous n'excluons rien.» Il indique aussi que cette interpellation aux politiques sera adressée sans tarder à «l'ensemble des candidats républicains», «d'Arlette Laguiller à Villiers». «Mais pas à Le Pen, explique-il, car nous considérons que le FN a pris la France en otage depuis plus de vingt ans en disant qu'il y avait un petit gâteau à partager et qu'il fallait le protéger d'envahisseurs imaginaires.» Tous les postulants à l'Elysée sont priés de répondre avant le 15 février.

Pour Patrick Lozès, il s'agit de leur demander «ce qu'ils ont l'intention de faire pour répondre à une demande de justice et d'égalité qui ne cesse de s'amplifier». Le président du Cran précise : «En fonction des réponses, nous déterminerons notre stratégie.» A ses yeux, l'Assemblée nationale est «le modèle caricatural d'un communautarisme que personne ne dénonce : celui des hommes blancs de plus de 50 ans, bourgeois et hétérosexuels. Cette minorité en France détient une majorité écrasante au Palais-Bourbon comme dans les conseils d'administration. Et ceux qui en font partie ne se posent jamais la question de savoir s'ils n'utilisent pas les lois de la République à leur entier bénéfice. Or c'est le cas».

En matière de représentation de la diversité française, «les partis méritent un zéro pointé», estime encore Patrick Lozès. Et aux prochaines élections «le compte n'y sera pas».

http://www.liberation.fr/actualite/societe/225301.FR.php

© Libération

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