Début du pèlerinage à la Mecque, les forces de sécurité saoudiennes en état d'alerte
LEMONDE.FR avec AFP | 28.12.06 | 06h30 • Mis à jour le 28.12.06 | 10h17
Au moins deux millions de musulmans sont attendus à partir de jeudi 28 décembre et jusqu'à lundi 1er janvier pour le hadj, le grand pèlerinage annuel sur les lieux saints de l'islam en Arabie saoudite. Ce pèlerinage est l'un des cinq piliers de l'islam, que tout musulman se doit de faire au moins une fois dans sa vie, s'il en a les capacités physiques et financières.
Le pèlerinage débute jeudi à Mina, où se rassemblent les fidèles. Vendredi à l'aube, ils se dirigeront vers le mont Arafat et, moment fort du hadj, ils passeront la journée en haut de cette colline à prier et à implorer le pardon de Dieu. L'attente des pèlerins au sommet symbolise celle du jugement dernier.
Les fidèles reviendront ensuite à Mina pour immoler une bête, généralement un mouton, marquant l'Aïd Al-Adha, la fête du sacrifice (qui rappelle celui d'Abraham), célébrée samedi. Puis ils passeront deux autres jours à Mina pour le rite de la lapidation des stèles symbolisant Satan.
"NOUS ESPÉRONS QUE RIEN NE SE PRODUIRA"
Les forces de sécurité saoudiennes ont été placées en état d'alerte maximale pour faire face à tout incident. "Nous espérons que rien ne se produira" qui puisse perturber ce grand rassemblement annuel, a déclaré, mardi soir, le ministre de l'intérieur, le prince Nayef Ben Abdel Aziz."Nous nous attendons à tout (...). Et nous agirons avec fermeté et vigueur." "Le fidèle est tenu d'accomplir ses rites conformément à la charia", la loi islamique, et "le hadj ne peut se prêter à aucune autre activité" à caractère politique ou confessionnel, a souligné le ministre. L'Arabie saoudite redoute notamment les retombées des violences en Irak sur les communautés chiites saoudiennes. "Nous espérons que tous [les fidèles] comprendrons cela, et nous ne tolérerons aucune autre activité [que les rites du pèlerinage] de quelque nature qu'elle soit et d'où qu'elle vienne."
Outre les attaques terroristes, les autorités locales craignent d'autres drames. Lundi, un incendie s'est déclaré dans un hôtel de La Mecque abritant des pèlerins yéménites. Ce feu, qui a fait treize blessés, hospitalisés après avoir été affectés par l'inhalation de fumée, a rappelé le sinistre survenu en janvier 2006 dans un hôtel voisin qui s'était effrondré, tuant soixante-seize personnes.
Mais ce sont surtout les bousculades qui ont endeuillé les précédents pèlerinages, en particulier durant la lapidation des stèles symbolisant Satan, à Mina, une vallée proche de La Mecque. Selon la tradition, c'est en ces lieux que Satan a surgi à trois reprises, d'abord devant Abraham, puis devant sa femme Hagar et enfin devant leur fils Ismaël. Pour lui signifier leur mépris, Abraham et sa famille lui lancèrent chaque fois sept cailloux. Un geste perpétué par les musulmans.
En janvier 2006, trois cent quarante-cinq fidèles avaient péri durant ce rite à hauts risques. En juillet 1990, mille quatre cent vingt-six pèlerins, asiatiques pour la plupart, étaient morts asphyxiés, vraisemblablement à la suite d'une panne du système de ventilation.
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