20 novembre 2006

Sarkozy s'engage à simplifier le droit des étudiants étrangers à travailler

Sarkozy s'engage à simplifier le droit des étudiants étrangers à travailler

LEMONDE.FR avec AFP | 19.11.06 | 16h39 • Mis à jour le 19.11.06 | 16h42

Les étudiants étrangers traversent un "parcours d'obstacles" administratif, social et pédagogique, dénoncé, samedi 18 novembre, par les participants à des Etats généraux organisés à Paris par l'Union nationale des étudiants de France (Unef) qui ont insisté sur l'épineuse question de la délivrance des titres de séjour.

A cette occasion, le président de l'Unef, Bruno Julliard, a annoncé avoir reçu un courrier du ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, dans lequel celui-ci s'engage à "simplifier les conditions dans lesquelles les étudiants étrangers peuvent travailler en France". Concrètement, les étudiants étrangers pourront dès début 2007 "travailler jusqu'à 21 heures par semaine", et non 17 heures 30, comme actuellement. Dans ce courrier, dont l'AFP a obtenu copie, M. Sarkozy promet également pour la rentrée 2007 des "cartes de séjour pluriannuelles à des étudiants qui sont inscrits dans des parcours de réussite", c'est-à-dire dans la perspective d'un master (bac+4 et 5).


265 000 ÉTUDIANTS ÉTRANGERS EN FRANCE


"Ce sont de premiers pas très importants qui vont sensiblement améliorer la situation des étudiants étrangers, même si beaucoup reste à faire", a commenté M. Julliard.

Cette année, la France accueille 265 000 étudiants étrangers, qui n'ont pas droit aux aides sociales et, avant les mesures annoncées par M. Sarkozy, rencontraient de grosses difficultés pour se salarier, du fait de contraintes spécifiques. Et avant même d'être confrontés au coût de la vie sur le sol français, "il leur faut d'abord franchir l'étape des frontières", a expliqué Catherine Teule, vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme pour le réseau université sans frontières. Elle a ainsi critiqué la "sélection" opérée, selon elle, par les centres pour les études en France (CEF), présents dans les ambassades et les consulats, et passages obligés des jeunes souhaitant poursuivre des études en France. Quand ils parviennent à passer ce premier filtre, les étudiants doivent encore obtenir des papiers, procédure qui prend de longs mois.


UN VISA DE 90 JOURS POUR UNE ANNÉE UNIVERSITAIRE


Ainsi Leïla, étudiante en médecine algérienne de 26 ans, a raconté avoir attendu une année entière son titre de séjour afin de préparer un diplôme universitaire en aide médicale d'urgence. Et évoqué sa déconvenue en découvrant un visa lui autorisant 90 jours de présence sur le sol français tout au long de l'année universitaire. "J'ai une journée complète de cours deux fois par mois et 25 jours de gardes dans des Samu à assurer, l'aller-retour pour Alger coûte 500 euros, je ne vois pas l'utilité de faire des études en France si c'est pour ne pas suivre les cours !", s'est-elle agacée.

Pour réduire les délais d'obtention de papiers, le président de l'université de Rouen, Jean-Luc Nahel, a notamment suggéré samedi que la visite médicale préalable obligatoire soit effectuée "au plan local pour éviter d'attendre trois ou quatre mois" la visite de l'organisme agréé. Il a en outre souhaité que ce soient les universités qui choisissent les étudiants qu'elles souhaitent accueillir et non les CEF. Deux positions soutenues par l'Unef.

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