Polémique après les propos de Georges Frêche sur les "neuf Blacks sur onze" de l'équipe de France
LEMONDE.FR avec AFP | 16.11.06 | 15h22 • Mis à jour le 16.11.06 | 17h19
Dans cette équipe, il y a neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. Mais là, s'il y en a autant, c'est parce que les Blancs sont nuls (...). J'ai honte pour ce pays. Bientôt, il y aura onze Blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine", a déclaré Georges Frêche, selon le quotidien Midi libre dans son édition du jeudi 16 novembre.
Ces propos sur l'équipe de France de football ont été tenus mardi soir par le président socialiste de la communauté d'agglomération de Montpellier, lors d'un conseil de cette instance, qui commentait les mauvais résultats enregistrés le week-end précédent par les équipes de rugby et de handball de Montpellier financées par l'agglomération. L'agglomération a indiqué qu'"effectivement, à peu de choses près, M. Frêche avait bien tenu ces propos", et ils n'ont pas été démentis depuis par l'intéressé.
Au Parti socialiste, ces paroles ne sont pas passées inaperçues, surtout de la part d'un homme qui a déjà fait parler de lui pour avoir qualifié les harkis de "sous-hommes" en février 2006. Ce qui a valu au président du conseil régional du Languedoc-Roussillon, qui doit comparaître devant le tribunal correctionnel de Montpellier le 30 novembre, d'être suspendu pendant deux ans des instances du parti en mai dernier.
"RÉCIDIVE RACISTE"
Claude Bartolone, bras broit de Laurent Fabius, a vivement réagi jeudi dans un communiqué. "Carton rouge à Georges Frêche : la déclaration de trop !", a-t-il indiqué. Pour le député de Seine-Saint-Denis, ces propos "sont indignes d'un élu de la République et constituent une salissure pour le Parti socialiste". M. Frêche "entonne une rengaine raciste dont Jean-Marie Le Pen avait jusqu'ici le triste monopole", a-t-il ajouté, notant qu'il est "un multirécidiviste de la provocation".
Jean-Luc Mélenchon, sénateur de l'Essonne, a pour sa part parlé de "récidive raciste"."Ces propos sont inadmissibles", a-t-il déclaré. Pour lui, "la complaisance dont bénéficie Georges Frêche au Parti socialiste n'est plus tolérable". Tous les deux ont demandé à François Hollande et aux trois candidats à l'investiture PS pour 2007 de condamner"de la façon la plus ferme" ces propos.
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