14 octobre 2006

Dominique de Villepin "se ressource" en Martinique

Dominique de Villepin "se ressource" en Martinique

vendredi 13 octobre 2006, 23h36

Par Frédéric DUMOULIN

FORT-DE-FRANCE (AFP) - Dominique de Villepin a achevé vendredi son déplacement de 48 heures aux Antilles par une visite en Martinique où il aime "se ressourcer", rencontrant notamment le chantre de la négritude, le poète Aimé Césaire.

Arrivé la veille au soir en provenance de Guadeloupe, le Premier ministre, qui a passé sa jeunesse au Venezuela tout proche et dont l'épouse a des attaches martiniquaises, s'est rendu dans la matinée au 1er Régiment du service militaire adapté (RSMA) au Lamentin, un dispositif de réinsertion sociale né outre-mer et inspirateur du dispositif "Défense deuxième chance".

Le RSMA est "véritablement une leçon", "un exemple" pour la métropole, a commenté M. de Villepin à l'issue de sa visite. "C'est un outil puissant d'éducation, d'égalité des chances et de cohésion républicaine", a-t-il insisté.

Depuis 45 ans, le SMA a contribué à l'insertion sociale et professionnelle de plus de 100.000 jeunes. Chaque année, le dispositif offre à travers les DOM-TOM une seconde chance à 3.000 jeunes, dont beaucoup vivent dans des familles monoparentales, souffrent d'illettrisme et parfois aussi de toxicomanie.

"Quelles que soient les difficultés de la vie, quels que soient les aléas de la vie, il y a toujours ici des hommes, des femmes, des paysages où l'on peut se ressourcer. C'est une source de méditation et d'espoir", a-t-il confié.

Un peu plus tard, il s'est dit ravi d'être aux Antilles "bien loin des petites histoires de la petite politique", une allusion aux rivalités actuelles au sein de l'UMP.

Après un entretien avec Serge Letchimy (PPM, gauche), maire de Fort-de-France, M. de Villepin s'est offert un bain de foule dans les rues de la ville.

Grand amateur de poésie, il a ensuite rencontré l'ancien homme fort du département, Aimé Césaire, 93 ans, maire de Fort-de-France pendant plus d'un demi-siècle. Ce rendez-vous est un passage incontournable pour tout homme politique se rendant aux Antilles.

M. de Villepin, qui a déjà rencontré à plusieurs reprises l'auteur du "Cahier d'un retour au pays natal", a salué auprès de la presse le "rôle historique majeur" joué par "l'un des plus grands poètes du monde" dans le processus de décolonisation.

"Ce sont des exemples comme le vôtre qui nous aident dans la République", a-t-il lancé à M. Césaire.

Après un déjeuner républicain avec les élus de l'île, le chef du gouvernement s'est entretenu avec des représentants de l'association des victimes de la catastrophe aérienne qui a fait, le 16 août 2005, 160 morts au Venezuela, dont 152 Martiniquais.

Avant de repartir pour Paris en fin d'après-midi, il a aussi rencontré le président indépendantiste du conseil régional, Alfred Marie-Jeanne, puis le leader du conseil général, Claude Lise (app-PS).

Cette visite marathon, la première d'un chef du gouvernement depuis Lionel Jospin en mars 2002, est intervenue à six mois de la présidentielle mais, a-t-on assuré à Matignon, ne s'inscrit pas "dans le cadre de la campagne" électorale.

Accompagné des ministres François Baroin (Outre-mer) et Léon Bertrand (Tourisme), M. de Villepin entendait "vérifier la bonne traduction de la politique gouvernementale" aux Antilles.

La veille en Guadeloupe, face à la grogne d'associations et d'élus contre un "désengagement" de l'Etat outre-mer, il avait annoncé une rallonge de 120 millions d'euros en trois ans pour "accélérer la relance" du logement social dans les DOM.

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