18 octobre 2006

Affaire Redeker: un suspect arrêté pas considéré comme terroriste

Affaire Redeker: un suspect arrêté pas considéré comme terroriste

mardi 17 octobre 2006, 17h09

Par Emmanuel PARISSE

PARIS (AFP) - Un homme de 25 ans a été interpellé lundi et placé en gardé à vue pour avoir adressé une menace de mort au Pr. Robert Redeker, auteur d'une tribune sur l'islam le 19 septembre, mais son acte n'a aucun lien avec un quelconque groupe terroriste, selon le parquet de Paris.

Cet homme de 25 ans, employé comme téléopérateur dans une société implantée à Orléans, a été arrêté après avoir envoyé le 29 septembre un e-mail contenant une "menace de mort" à l'adresse de la boîte mail de M. Redeker.

Les policiers sont parvenus à remonter jusqu'à lui par ce biais avant de l'interpeller lundi matin à Orléans d'où il a été transféré à Paris.

Après 24 heures de garde à vue dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Paris, où il a reconnu les faits selon une source judiciaire, le suspect a été retransféré vers Orléans.

En effet, la section antiterroriste du parquet de Paris a décidé de se dessaisir au profit du parquet d'Orléans, car les faits reprochés au suspect ne revêtent, à ses yeux, aucun caractère terroriste.

L'homme, se disant musulman pratiquant, n'aurait aucune affiliation à un groupe terroriste, islamiste radical ou même proche de cette mouvance, selon une source proche du dossier qui précise qu'il semble avoir agi par simple "haine" envers le professeur de philosophie.

Selon les enquêteurs, l'acte de cet homme relève d'une entreprise "individuelle et non pas terroriste".

Après son retour à Orléans, le suspect devrait rester en garde à vue au plus tard jusqu'à mercredi matin, avant d'être déféré au parquet de cette ville qui va décider de la suite judiciaire à donner à son affaire. Il risque d'être poursuivi pour "menaces aggravées", ce qui lui fait encourir cinq années de prison.

Il était connu des services de police locaux pour des faits de droit commun n'ayant pas trait à l'islamisme radical.

Parallèlement, l'enquête préliminaire ouverte à la section antiterroriste du parquet de Paris le 22 septembre pour "menaces de mort" et "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste", se poursuit pour tenter d'identifier d'autres personnes à l'origine de messages contenant des menaces.

Les premières menaces de mort contre le Pr Redeker avaient été diffusées sur internet le 21 septembre.

Placé sous protection policière, Robert Redeker, qui enseigne la philosophie à Saint-Orens-de-Gameville (Haute-Garonne), change régulièrement de domicile, après la publication d'une tribune le 19 septembre dans Le Figaro intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?".

Il avait notamment qualifié le prophète Mahomet de "chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame" et le Coran de "livre d'inouïe violence".

Le conseil national supérieur de l'enseignement supérieur et de la Recherche (Cneser), consultatif et représentatif, a adopté "à l'unanimité" une motion pour la défense de la liberté d'expression, faisant référence à l'affaire Redeker, a annoncé mardi le syndicat étudiant Uni.

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