29 septembre 2006

Villepin condamne les menaces de mort contre un enseignant

Villepin condamne les menaces de mort contre un enseignant

REUTERS : Vendredi 29 septembre 2006 - 10:21

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin juge inacceptables les menaces de mort visant un professeur français de philosophie, auteur d'une tribune critique sur l'islam dans Le Figaro et contraint de vivre sous protection policière.

Le Figaro condamne, de son côté, "avec la plus grande fermeté les graves atteintes à la liberté d'expression que cette affaire a provoquées".

"Nous considérons que, au-delà de l'information, le rôle d'un journal est de fournir à ses lecteurs tout ce qui peut leur permettre d'analyser en profondeur l'actualité", écrit le journal dans son édition de vendredi.

"Or, pour comprendre notre monde, pour se faire une opinion, il faut aussi savoir regarder ceux qui vivent autrement et écouter ceux qui pensent différemment".

Des menaces de mort ont été proférées contre Robert Redeker, 52 ans, professeur dans un lycée de la banlieue toulousaine, à la suite d'une tribune publiée le 19 septembre dans Le Figaro.

Pour le Premier ministre, "c'est inacceptable, cela montre bien que nous vivons dans un monde dangereux, qui est trop souvent fait d'intolérance, et à quel point nous devons être vigilants".

"Vigilants pour que le respect de l'opinion d'autrui soit total dans la société qui est la nôtre. Nous sommes dans une démocratie, chacun doit pouvoir s'exprimer librement, dans le respect des autres. C'est la seule limite qui doit être acceptée à cette liberté", a-t-il souligné sur RMC Info..

"Cela montre aussi à quel point il faut se battre à l'échelle internationale pour que cette dimension de respect, de tolérance, de connaissance entre les civilisations se développe", a-t-il ajouté.

"MENACES PRECISES"

L'enseignant, qui n'assure plus ses cours depuis une semaine, a été placé sous protection policière et vit dans un lieu tenu secret, dont il change tous les deux jours, a-t-il dit sur Europe 1.

Il avait déjà souligné dans la Dépêche du Midi avoir reçu des menaces sur son répondeur téléphonique et par courrier. "Ces menaces sont précises et visent ma vie".

Robert Redeker a expliqué ressentir "de l'angoisse" et de la "tristesse" car "ce qui m'est fait correspond tout à fait à ce que je dénonce dans mes écrits : l'Occident se retrouve sous surveillance idéologique de l'islam".

Jeudi, l'extrême droite a reproché au ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu le soir-même à la Grande mosquée de Paris pour partager pour la première fois le repas de rupture du jeûne du Ramadan avec des musulmans, de pousser à l'organisation de l'islam en France.

"Cette situation incroyable dans la patrie 'des droits de l'homme et du citoyen' prouve qu'il existe aujourd'hui dans notre pays une menace fanatique organisée qui n'hésite plus à passer à l'acte afin de réduire au silence celles et ceux qui osent la dénoncer", a déclaré le secrétaire général du FN.

Pour Louis Alliot, ces menaces, après la polémique suscitée par les propos du pape Benoît XVI, "démontrent que l'organisation de l'islam en France prônée par Nicolas Sarkozy est un échec et un danger potentiel".

De son côté, Guillaume Peltier, secrétaire général du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers, a salué sur le site internet du mouvement "la lucidité" des propos sur l'islam du professeur menacé.

"Robert Redeker, qui écrit que 'l'islam tente d'obliger l'Europe à se plier à sa vision de l'homme' a le courage de décrire la réalité telle qu'elle est."



«Abandonné» par le ministère de l'Education et les syndicats

Par Liberation.fr (avec agences)
LIBERATION.FR : Vendredi 29 septembre 2006 - 12:15

Le professeur de philosophie d'un lycée proche de Toulouse, menacé de mort et placé sous protection après la publication d'une tribune sur l'islam dans Le Figaro, a dit vendredi être «seul, abandonné», en particulier par l'Education nationale. «Pour l'instant, le ministère de l'Education nationale ne m'a même pas contacté, n'a pas daigné me contacter, me demander si j'avais besoin d'une aide», a-t-il déclaré, interrogé sur Europe 1.


Le professeur a également estimé être «lâché par les syndicats enseignants qui généralement vous félicitent lorsque vous critiquez l'Eglise catholique mais qui sont beaucoup plus réticents lorsqu'il s'agit de critiques contre l'islam». L'enseignant considère aussi avoir été «lâché par les politiques locaux», notamment le maire communiste de Saint-Orens-de-Gameville, commune où il enseigne la philosophie.


Intervenant sur RMC, Dominique de Villepin a qualifié d'«inacceptables» les menaces de mort émises contre le professeur. «Ça montre bien que nous vivons dans un monde dangereux, trop souvent fait d'intolérance, a estimé le Premier ministre. Nous devons être vigilants pour que le respect de l'opinion d'autrui soit totale dans notre société. Nous sommes dans une démocratie, chacun doit pouvoir s'exprimer librement dans le respect bien sûr des autres. C'est la seule limite qui doit être acceptée à cette liberté.»

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