18 janvier 2007

Mounia, 21 ans, étudiante en master de finances

Mounia, 21 ans, étudiante en master de finances

«L'éducation se paye et le supérieur se paye très cher»

Par Adrien MAJOUREL

QUOTIDIEN : jeudi 18 janvier 2007

Mounia est en master de finances à Dauphine. Cette jeune fille brillante ne reçoit aucune aide de sa famille. Pour financer ses études, elle multiplie depuis ses 17 ans les gardes d'enfants le soir et les petits jobs le week-end. Vivant «encore» chez ses parents, elle parle du désir d'indépendance comme d'un «moteur» qui lui a donné l'envie de se battre. «Je ne pense qu'à ça : pouvoir mener ma vie comme je le souhaite.» L'égalité des chances relève, selon elle, de l'utopie car «plus on avance dans les études et moins les couches populaires sont présentes». Les apparences sont trompeuses, ajoute-t-elle. L'éducation se paye et le supérieur se paye très cher. Je dépense la moitié de ma bourse rien qu'en bouquins et en transports. L'ordinateur portable est indispensable et rien que ça, ça entretient des clivages. Et je ne parle même pas de tout ce que font mes copines et que je ne peux pas faire.»

Mounia se dit aussi «consciente de la chance qu'on a en France mais l'inégalité commence dès la maternelle quand tes parents ne te demandent pas ce que tu as fait la journée» . Selon l'étudiante, les projets d'aide aux jeunes représentent «une très bonne idée car préparer tous les jeunes à affronter la réalité est un devoir d'Etat, mais ça ne résoudrait en rien l'inégalité, ceux qui ont des parents derrière auront toujours un avantage» . Mounia pense aussi que les entreprises disposent d'assez d'options pour embaucher des jeunes : «Il faut arrêter l'hypocrisie des stages non rémunérés. Les entreprises seront obligées de proposer de véritables contrats.»

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