11 novembre 2006

Inquiétudes au sein de la majorité sur une possible absence de M. Le Pen à la présidentielle

Inquiétudes au sein de la majorité sur une possible absence de M. Le Pen à la présidentielle

LE MONDE | 10.11.06 | 14h25 • Mis à jour le 10.11.06 | 15h46

Le doute sur les capacités du Front national à rassembler les 500 parrainages d'élus pour permettre à Jean-Marie Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle s'est transformé en une source d'inquiétude à l'UMP. "L'hypothèse est envisagée sérieusement", confiait, il y a trois semaines, Jean-Pierre Raffarin.

Politiquement, l'absence du candidat frontiste est diversement appréciée, selon les proches de Nicolas Sarkozy. Les uns redoutent, comme Hervé Novelli, que les électeurs du FN, exclus de l'élection, "fassent un pied de nez au système" et se "vengent" au détriment du candidat de l'UMP.


D'autres expliquent sans ambages, comme Patrick Devedjian, que "ce qui n'est pas bon pour la démocratie, n'est pas forcément mauvais pour Sarkozy". "Et puis, Jean-Marie Le Pen joue la comédie à chaque élection." Selon un sondage TNS-Sofres du 21 septembre, 30 % des électeurs du FN envisagent de voter au premier tour pour le ministre de l'intérieur s'ils ne pouvaient défendre leurs couleurs.


Tous, en revanche, repoussent l'idée que l'UMP pourrait donner pour consigne à ses élus d'aider M. Le Pen ou de l'empêcher de se présenter. Responsable des élus locaux à l'UMP, Franck Dhersain affirme : "Nous n'avons envoyé aucun message à nos élus. Nous n'avons pas besoin de le faire car tout le monde reste impressionné par le 21 avril 2002."


La question de l'absence du FN à la présidentielle a été relancée par un écho paru dans Le Nouvel Observateur, jeudi 2 novembre, selon lequel Dominique de Villepin avait affirmé qu'il ne croyait pas aux chances de M. Le Pen d'obtenir les parrainages requis. Serait-ce aussi un espoir pour les chiraquiens, suggèrent certains détracteurs du premier ministre, de pouvoir installer un deuxième candidat de l'UMP ?


Sur la chaîne LCP, M. Novelli réagissait en évoquant, dans cette hypothèse, "un véritable séisme". "Je dirai la même chose pour n'importe quel candidat pesant 10 % des voix, précise le député de l'Indre, même s'il s'agit de l'extrême gauche."

Que faire alors ? Un coup de pouce de l'UMP étant officiellement exclu, les sarkozystes font le pari que la décision du Conseil constitutionnel de ne plus publier l'intégralité des soutiens des candidats libérera les élus. "Les élus savent ce qu'ils ont à faire", explique Gérard Longuet. Qui analyse : "Pour Sarko, la seule façon de neutraliser Le Pen, ce n'est pas de l'empêcher de se présenter. C'est de gagner le premier tour en lui mettant 10 % dans la vue."

Jeudi 9 novembre, dans l'émission "Question d'info LCP-Le Monde-France Info", Bernard Accoyer a indiqué que "l'absence de certains candidats à ce premier tour (...) poserait un gros problème".

Philippe Ridet


Dominique de Villepin souhaite aussi que le FN puisse se présenter en 2007

"Je pense que dans la vie d'un grand pays démocratique comme la France, il est important que tous ceux qui expriment une opinion et qui trouvent un écho dans la vie de notre pays puissent se présenter à une élection présidentielle", a déclaré vendredi le premier ministre, interrogé sur les déclarations de Bernard Accoyer souhaitant que Jean-Marie Le Pen ne soit pas empêché de se présenter à l'élection. "Cette diversité est importante, la vie démocratique, ce n'est pas uniquement les grands partis", a-t-il insisté. – (Avec AFP.)

Article paru dans l'édition du 11.11.06

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