06 octobre 2006

Pose de la première pierre de la mosquée de Créteil

Pose de la première pierre de la mosquée de Créteil

mercredi 4 octobre 2006, 21h10

CRETEIL (AFP) - La première pierre de la mosquée de Créteil a été posée mercredi soir devant plus d'un millier de personnes, responsables religieux, associatifs, élus, mais surtout des fidèles heureux d'assister à un moment "historique".

L'ouverture de ce "centre culturel et cultuel", "à vocation départementale", est prévue à la fin du premier semestre 2008. Il pourra accueillir plus de 2.000 fidèles.
Il s'agit d'un "jour historique pour la communauté musulmane de Créteil et du Val-de-Marne (...) le couronnement de quatre années de travail" mené "en partenariat" avec la municipalité, a déclaré Karim Benaïssa, président de l'Union des associations musulmanes de Créteil (UAMC), porteuse du projet.

Ce bâtiment, "par son emplacement, sa transparence, sa modernité, est une invitation au dialogue", a-t-il ajouté, en soulignant que l'emplacement choisi, à l'entrée de la ville, près du lac, "montre la volonté" du député-maire (PS) Laurent Cathala "de ne pas reléguer" les lieux de culte à la périphérie.

M. Benaïssa a souhaité que cette politique de partenariat avec la ville (...) soit "prise en exemple" par d'autres villes "pour d'autres projets à venir".
De son côté, M. Cathala a dit sa joie de partager "ce moment symbolique", la "concrétisation d'un vieux rêve".

"Si les immigrés de première génération (...) ont longtemps accepté de prier dans des caves et des hangars, a-t-il observé, leurs enfants et petits-enfants (...) trop souvent victimes de discriminations à l'emploi, au logement, aux loisirs, vivent comme une marque de rejet supplémentaire le manque de lieux de prière dignes", a-t-il poursuivi, sous les applaudissements de l'assemblée.

Aux cris d'"Allah Akhbar", la foule a ensuite salué la première touche de ciment posée sur le mur, symbolisant le début des travaux.


Première pierre pour la mosquée de Créteil

D'un coût de 4 millions d'euros, le centre musulman à la fois cultuel et culturel devrait être achevé début 2008.

Par Catherine COROLLER

QUOTIDIEN : Vendredi 6 octobre 2006 - 06:00

«C hers frères et soeurs aujourd'hui nous sollicitons votre aide», peut-on lire sur le bon de souscription distribué aux fidèles musulmans. «Ce projet ne peut voir le jour sans votre contribution financière.» Mercredi, à l'heure de la pose de la première pierre, le budget de construction du futur Centre cultuel et culturel musulman de Créteil était presque bouclé. «Il nous manque encore 300 000 à 400 000 euros pour payer la TVA», plaisante Karim Benaïssa, président de l'Union des associations musulmanes de la ville.

Pour attester de l'intérêt que portent les représentants de la République aux affaires musulmanes, le ban et l'arrière ban des personnalités locales avaient fait le déplacement. Laurent Cathala, député-maire socialiste de Créteil, Christian Favier, président socialiste du conseil général du Val-de-Marne, Bernard Tomasini, préfet du département, un prêtre, un rabbin... «C'est une joie immense, le couronnement de quatre années de travail», déclare au micro Karim Benaïssa.

La municipalité et le conseil général ont soutenu le projet autant que le permet la loi de 1905 qui interdit toute subvention publique des cultes. Le second a vendu à la ville, pour un euro symbolique, le terrain, situé en plein centre, au bord d'un lac. «Et non pas en périphérie ou dans une zone industrielle», souligne Karim Benaïssa. La ville l'a ensuite mis à la disposition des musulmans sous forme de bail emphytéotique d'une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans et contre le paiement d'une redevance annuelle de 15 000 euros.

Au total, le projet a coûté 4 millions d'euros. La partie cultuelle a été exclusivement financée par les musulmans ; 1,8 million d'euros a été collecté, sans un sou venu de l'étranger. Pour la partie culturelle, la municipalité a apporté une double contribution sous forme d'une subvention d'équipement de 1 million et d'une garantie d'emprunt avec le département de 1,5 million.

Laurent Cathala comptait à l'origine sur la Fondation pour les oeuvres de l'islam voulue par Dominique de Villepin lors de son passage du ministère de l'Intérieur, pour aider les musulmans à financer leur projet. Elle n'a toujours pas vu le jour. Le maire a finalement convaincu les musulmans de ne pas se contenter d'une simple mosquée mais de construire un ensemble culturel et cultuel comprenant des salles de conférences, de cours, d'expositions, un hammam, un salon de thé restaurant, une bibliothèque, une librairie, une boutique artisanale. Le centre devrait ouvrir ses portes en 2008. Objectif : donner à ce projet «une dimension qui dépasse celle d'un lieu de culte», en faire «aussi un lieu de découverte et d'échange ouvert à tous, un lieu d'étude et de rayonnement d'un patrimoine culturel qui ne peut manquer d'intéresser l'ensemble de nos concitoyens», a rappelé Laurent Cathala. Au-delà, les responsables musulmans et la municipalité espèrent faciliter ainsi les relations entre communautés. Eviter le repli sur soi et la tentation fondamentaliste côté musulmans, et le développement de fantasmes islamophobes du côté des autres.


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