Azouz Begag las de passer pour "l’Arabe de service"
lefigaro.fr (avec Reuters).
Le Figaro, Publié le 25 octobre 2006
Le ministre délégué chargé de la Promotion de l’Egalité des chances a dénoncé mercredi le traitement médiatique qui lui est encore réservé, ainsi que sa délicate intégration au sein du gouvernement.
« Je suis en colère » : Azouz Begag n’a pas caché son indignation, mercredi, envers certains médias qui le considèrent encore comme « l’Arabe de service », un an et demi après sa nomination au gouvernement. Répondant à l’invitation du Club de la presse arabe, à Paris, il a regretté son manque d’acceptation, malgré sa carrière d’écrivain et de sociologue. « Aujourd'hui, je suis encore en train de lire des récriminations du type 'c'est l'Arabe de service' », a dénoncé le ministre délégué chargé de la Promotion de l'Egalité des chances, vilipendant l'attitude de ceux qu'il a appelés les « irresponsables politiques ».
Malgré les « compétences, le talent et la motivation », il n’est pas aisé non plus de « passer pour un ministre comme les autres », déplore ce docteur en économie. « Il est difficile pour un ministre d’origine algérienne, de culture arabe ou musulmane de s’intégrer dans un gouvernement français, de nos jours », a-t-il souligné, constatant que « la politique est un monde cruel, difficile et hermétique ». Interrogé sur ses divergences avec le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, Azouz Begag a répondu qu’il répondait aux ordres du premier ministre, Dominique de Villepin.
« Peanuts »
Selon ses pronostics, les prochaines législatives ne devraient guère faire entrer plus de six députés d'origine arabe ou africaine à l'Assemblée pour une population issue de l'immigration de plus de 15 millions de personnes en France. « C'est peanuts », a déploré Azouz Begag, le second ministre d'origine algérienne, avec Hamlaoui Mekachera, aux Anciens combattants. « Il y a 20 ans, je disais, si les autorités ne font pas l'ouverture sociale vers les banlieues, ne font pas entrer dans l'ascenseur social politique des enfants de banlieue, un jour, tous ces enfants vont sortir et ils vont brûler toutes les voitures », a-t-il rappelé, après avoir été questionné sur l’immigration et la gestion de la crise de Cachan.
Pour le ministre délégué, il n’y a "rien à fêter" concernant les émeutes dans les banlieues de novembre 2005. « Célébrer 13.000 voitures volées? Des écoles incendiées? La violence? », a-t-il lancé. « Les journalistes feraient mieux de parler de ce qui a été fait pour les banlieues comme le Tour de France de la diversité auquel 10.000 entreprises ont participé », a-t-il suggéré.
Begag : «Sur l'égalité des chances, pas de temps à perdre»
Propos recueillis par C. B. .
Le Figaro, Publié le 01 août 2006
Ministre délégué à la promotion de l'Égalité des chances, Azouz Begag estime que le thème de la «diversité» sera l'un des enjeux de la présidentielle.
LE FIGARO. – Hier, s'est tenu un séminaire gouvernemental sur l'emploi et l'égalité des chances. Où en est le gouvernement à mi-parcours de l'année 2006, qui a été mise sous le sceau de l'égalité ?
Azouz BEGAG. – Lorsque Dominique de Villepin dit qu'il faut de l'emploi pour tous, il donne le cap général et fait de la diversité un axe majeur. Le gouvernement me donne les moyens de mener une politique en ce sens. Les six préfets de l'égalité des chances sont en place, et, en septembre, nous allons installer l'Agence nationale de cohésion sociale et de l'égalité des chances. Nous avons un site internet (www.emploi-diversite.com) diffusant des petites annonces de recrutement, je parcours les régions chaque semaine, en tâchant de mobiliser entreprises, jeunes et services publics de l'emploi. L'emploi reste notre priorité, il n'y a pas de temps à perdre.
Jeunes et responsables d'ANPE disent souvent que les entreprises peinent à s'engager sur la diversité.
Il faut aller chercher les employeurs et les sensibiliser au maximum. Lorsque je suis arrivé au gouvernement, soixante-six entreprises avaient signé une charte de la diversité. Aujourd'hui, elles sont plus de sept cents. Toutes les semaines, lors de mes déplacements, je fais rencontrer des demandeurs d'emploi avec des entreprises, je mobilise des préfets, je laboure le terrain. En septembre, avec le Medef, la CGPME et le CJD, je vais organiser un tour de France de la diversité. Mon but est qu'à fin 2006, cinq mille entreprises s'engagent.
Où en est le travail effectué par vos services avec les grandes écoles ?
Dans les quartiers sensibles, même les jeunes diplômés ont des difficultés à décrocher ne serait-ce qu'un stage. Nous avons mis en place dans les ANPE un système de prise en charge et de coaching spécifique pour cinq mille d'entre eux. Déjà, mille ont retrouvé un emploi. Mais je pense qu'il faut aussi inciter les grandes écoles à ouvrir leurs portes aux jeunes des quartiers. Sciences po et l'Essec ont ouvert une brèche il y a plusieurs années. Petit à petit, le mouvement gagne du terrain, notamment aux Arts et Métiers et à Normale sup. Aujourd'hui, cent quarante grandes écoles sur deux cent soixante-trois ont fait de la diversité une de leurs politiques de recrutement.
Pensez-vous que la diversité sera un des thèmes de la campagne présidentielle ?
Mais c'est déjà le cas ! Regardez la façon dont les partis politiques se sont saisis de cette question ! Pour les législatives, l'UMP et le PS ont indiqué qu'ils favoriseraient, autant que faire se peut, les candidats femmes ou issus de l'immigration. Il faut aller plus loin et faire en sorte que chacun s'empare de cette exigence d'égalité. Les bacheliers doivent se dire : «Pourquoi est-ce que l'on ne m'embauche pas ?» Ceux qui subissent une discrimination doivent s'autoriser à saisir la Halde. On a connu les Trente Glorieuses entre 1945 et 1975, puis trente ans de crise économique qui ont abouti aux incroyables violences urbaines de novembre dernier. Et bien moi je souhaite que la période 2005- 2035 s'appelle les «Trente Prometteuses».
26 octobre 2006
Azouz Begag las de passer pour "l’Arabe de service"
Libellés :
banlieue,
diversité,
école,
entreprises,
nouveaux français,
politique,
rh,
social
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire