Moins de 10 % de femmes à la tête des grandes sociétés
LE MONDE | 26.09.06 | 13h33 • Mis à jour le 26.09.06 | 13h33
L'accession à la direction des grandes entreprises reste un privilège masculin. Moins de 10 % des administrateurs et des membres des comités exécutifs des 300 plus grandes capitalisations boursières mondiales sont des femmes, selon une étude du cabinet Ricol Lasteyrie & Associés, rendue publique mardi 26 septembre.
Dans les entreprises françaises du panel, cette représentativité tombe à 4,7 % pour les comités exécutifs et 7 % pour les conseils d'administration. Anne Lauvergeon, à la tête du français Areva, est la seule femme qui dirige un grand groupe européen.
PALME DU SEXISME AU JAPON
Les entreprises américaines ne sont guère plus ouvertes : seules trois des 100 premières sociétés y sont dirigées par des femmes (eBay, avec Margaret Whitman, PepsiCo, avec Indra Nooyi, et Kraft Foods, avec Irene Rosenfeld). La palme du sexisme revient aux entreprises japonaises, où moins de 2 % des administrateurs sont des administratrices.
"Je reçois plus de propositions pour siéger à des conseils qu'avant. Les mentalités évoluent. Mais très lentement. Quand j'ai commencé ma carrière, je ne pensais pas qu'on en serait encore là aujourd'hui", témoigne Patricia Barbizet, directrice générale et membre du conseil d'administration d'Artemis, holding de François Pinault.
"Il y a autant de femmes diplômées d'écoles de commerce que d'hommes en France aujourd'hui. Dans les entreprises, elles mènent souvent des carrières brillantes. Mais, au-delà de 35 ans, avec les maternités, elles sont de moins en moins présentes dans les échelons hiérarchiques. Les hommes continuent d'avoir moins mauvaise conscience qu'elles à privilégier leur vie professionnelle", constate Sonia Bonnet-Bernard, associée du cabinet Ricol.
Aude de Thuin, organisatrice du Women's Forum (à Deauville), du 5 au 7 octobre, souligne quant à elle le mode de désignation des administrateurs : "Le principe de la cooptation continue de prévaloir, les hommes préférant nommer d'autres hommes afin de prendre moins de risques."
Faudra-t-il légiférer et imposer des quotas, comme en politique ? L'idée révulse nombre de grands patrons. L'Institut français des administrateurs, une association professionnelle qui vise à améliorer la gouvernance des entreprises, prône l'objectif de 20 % de femmes administratrices.
Cécile Ducourtieux
Article paru dans l'édition du 27.09.06

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