26 septembre 2006

Deux mosquées profanées en France pour l'ouverture du Ramadan

Deux mosquées profanées en France pour l'ouverture du Ramadan

lundi 25 septembre 2006, 0h59

BREST (AFP) - Six croix gammées ont été peintes sur le mur d'une mosquée de Quimper endommagée par un début d'incendie volontaire dimanche matin, tandis qu'une cinquantaine de croix gammées et des slogans racistes ont été inscrits tôt dimanche sur les murs de la mosquée de Carcassonne (Aude).
"Il y a eu quatre départs de feu, mais les dégâts ne sont pas importants", a précisé à l'AFP Philippe Paolantoni, sous-préfet de Brest.

"Les traces d'effraction, le nombre de départs de feu et l'inscription de six croix gammées sur le mur extérieur confirment qu'il s'agit d'un incendie volontaire pour lequel une enquête est ouverte", a-t-il ajouté.

"Il n'y a pas de revendications, il est encore trop tôt pour ouvrir une information judiciaire", a précisé à l'AFP Jean-Yves Goueffon, procureur de permanence au parquet de Quimper.

Alertés par un riverain qui avait aperçu des lueurs dans le bâtiment et des croix gammées sur un mur, les pompiers sont intervenus vers 04h00 dans le quartier de Penhars et ont rapidement éteint les flammes.

"Je suis choqué et nous avons aussitôt porté plainte", a indiqué Mohammed El Bouazzati, président de l'Association culturelle et cultuelle des musulmans de Quimper, qui regroupe environ 200 adhérents.

En fin d'après-midi, le maire de Quimper et le préfet du Finistère ont rencontré les responsables de la communauté musulmane devant le mosquée qui avait rouvert ses portes à une cinquantaine de fidèles dès le milieu de la matinée.

Selon M. El Bouazzati, c'est la quatrième fois que cette salle de prière est victime de dégradations: "Il y a déjà eu le feu et deux fois des tags".

En février 2003, alors que la mosquée était en construction, des croix chrétiennes avaient été dessinées sur le bâtiment, quelques semaines après un début d'incendie.

A l'époque, l'enquête n'avait pas aboutie. Un tract anonyme affirmant "l'islam ne règnera pas" avait été faxé à la presse.

"Nous voulons savoir pourquoi cet acte", a souligné M. El Bouazzati. "On est bien intégré, la mosquée se trouve à côté d'une église et d'une maison de retraite. On n'a pas de problèmes avec nos voisins".

L'ambiance pourrait être différente du côté de Carcassonne,où près d'une cinquantaine de croix gammées et des slogans racistes comme "La France aux Français", "Les Bougnouls dehors" ou "Mort à l'islam", ont été inscrits tôt dimanche matin sur les murs de la mosquée de Carcassonne (Aude)

Tous les murs de l'établissement religieux, situé dans le quartier de La Conte, non loin de la mairie de Carcassonne, ont été recouverts de ces inscriptions réalisées avec minutie, probablement entre 03H00 et 05H00 du matin, a indiqué le directeur départemental de la sécurité publique, Thierry Senichault.

Interrogé par i-TELE, il a précisé qu'il prenait "cet événement au sérieux" et que les autorités "seraient vigilantes sur la sécurité des lieux de culte" de l'Aude.

Une enquête a été ouverte pour déterminer "si une ou plusieurs personnes sont les auteurs des faits", a déclaré le secrétaire général de la préfecture de l'Aude, David Clavière, qui s'est rendu sur place en compagnie du maire de Carcassonne, Gérard Larrat (UMP). "S'il n'y a qu'un seul auteur, il a disposé d'un temps assez long", a-t-il poursuivi.

"Aucune piste n'est privilégiée", a déclaré M. Clavière, qui a condamné l'acte, de même que le maire de Carcassonne, en estimant que "lorsqu'une communauté est touchée, c'est l'ensemble des communautés qui l'est également".

Le président de l'association islamique de l'Aude, Abib Bamou, qui gère la mosquée Es Salam, a décidé de porter plainte dimanche après-midi et envisage d'installer un système de surveillance autour de la mosquée.

"Je vis depuis 1969 à Carcassonne. Ici toutes les communautés se respectent, qu'il s'agisse des juifs, des musulmans ou des chrétiens. C'est la première fois qu'il se produit quelque chose comme ça", a regretté M. Bamou, qui n'y voit a priori pas de rapport avec le premier jour du ramadan.

"Celui qui a fait ça est quelqu'un de méchant (...). On ne peut accuser personne mais nous sommes tous très choqués", a-t-il ajouté.

En milieu de journée, des dizaines de personnes discutaient calmement des faits devant la mosquée, dont les graffitis ont été recouverts d'une peinture blanche, avant la prière.

"Un bon musulman ne peut pas accepter ce qu'il y a là. Nous, on respecte les gens. Ca me rend très triste", a poursuivi l'imam Driss Lamrani, en précisant avoir entendu une voiture tourner autour de la mosquée vers 5H00 du matin.

La mosquée Es Salam, qui signifie la paix en arabe, a été inaugurée en juin 2000 sur une terrain mis à disposition par la mairie. Elle n'a pas de minaret.

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