07 janvier 2007

Le Conseil d'Etat refuse la distribution à Paris de la "soupe au cochon"

Le Conseil d'Etat refuse la distribution à Paris de la "soupe au cochon"

LEMONDE.FR avec AFP 06.01.07 08h47 • Mis à jour le 06.01.07 08h48

Le Conseil d'Etat a refusé vendredi 5 janvier au soir la distribution par une association d'extrême droite, à Paris, d'une "soupe au cochon" aux sans abri : la plus haute juridiction administrative a annulé une ordonnance du tribunal administratif de Paris qui avait suspendu, mardi, l'arrêté du préfet de police de Paris du 28 décembre interdisant à Solidarité des Français de distribuer cette nourriture à base de porc.

Saisi de l'appel formé par le ministre de l'intérieur, le juge des référés du Conseil d'Etat, Christian Vigouroux, a estimé qu'en interdisant les distributions, le préfet de police n'avait pas porté une "atteinte grave et manifestement illégale" à la liberté de manifestation. Le représentant du ministère de l'intérieur, Me Jean-François Boutet, avait qualifié ces distributions de soupe de "discriminatoires", et donc susceptibles de troubler l'ordre public. Il a cité une phrase du site internet de SDF ("Pas de soupe, pas de dessert, les nôtres avant les autres"), ajoutant que la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde) s'était émue de l'aspect discriminatoire de ces "soupes au cochon", de même que deux délibérations du Conseil municipal de Paris. Le maire de la capitale, Bertrand Delanoë, avait demandé qu'il soit fait appel de l'ordonnance du tribunal administratif concernant cette "initiative aux relents xénophobes".

"UNE SOUPE DE PAUVRE"

Me Bruno Le Griel, avocat de Solidarité des Français, a soutenu en revanche que la requête du ministère de l'intérieur était "irrecevable". Il a ajouté qu'"aucun fait de discrimination n'avait été rapporté" et qu'aucune association ou organisation religieuse musulmane ou juive n'avait protesté. Il a assuré que "lorsque des personnes musulmanes refusent de manger du porc, elles se voient proposer autre chose". Il a déclaré que "traditionnellement la soupe au lard est une soupe de pauvre" et que "ceux qui ne veulent pas manger de porc peuvent toujours aller vers des associations caritatives musulmanes".

Le juge des référés du tribunal administratif avait déjà annulé, le 22 décembre, un précédent arrêté d'interdiction pris par la préfecture de police de Paris.

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