17 janvier 2007

Georges Frêche annonce sa ''mise en congé'' du Parti socialiste

Georges Frêche annonce sa ''mise en congé'' du Parti socialiste

LEMONDE.FR avec Associated Press | 16.01.07 | 17h07 • Mis à jour le 16.01.07 | 17h34

Le président socialiste du conseil régional Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, a déclaré, mardi 16 janvier, à l'Associated Press qu'il s'était ''mis en congé pour trois ou quatre mois du Parti socialiste''. Il a ajouté avoir adressé une lettre en ce sens au premier secrétaire du PS François Hollande, via Robert Navarro, premier secrétaire de la fédération de l'Hérault.

Il anticipe ainsi la décision de la commission nationale des conflits du PS, qui doit se réunir le 27 janvier pour statuer sur son cas et qui l'aurait vraisemblablement exclu, suite à ses propos du 14 novembre 2006. Il avait alors déploré que l'équipe de France de football compte "neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre." Le bureau national du PS avait décidé à l'unanimité, le 21 novembre, de saisir l'instance disciplinaire du parti. "S'il s'avère que les propos rapportés sont exacts, alors il y a incompatibilité avec son appartenance au PS", avait-il estimé.


M. FRÊCHE DÉNONCE UN "RÈGLEMENT DE COMPTES"


''Je prends cette décision dans l'intérêt de Ségolène Royal et par respect pour elle'', a-t-il expliqué. ''Il fallait trouver un consensus jusqu'à l'élection présidentielle. C'était un peu la panique, à Paris. Je continue à soutenir Ségolène Royal, mais je ne veux pas compliquer son combat, qui sera très dur face à un Sarkozy coriace et brillant''.


Refusant de dévoiler le contenu du courrier envoyé à François Hollande, M. Frêche a néanmoins précisé qu'il y avait selon lui ''deux poids, deux mesures'' au sein du PS. ''Un réquisitoire très dur a frappé [lundi] le président socialiste de la région Ile-de-France Jean-Paul Huchon [dix mois de prison avec sursis, 75.000 euros d'amende et un an d'inéligibilité]. Que je sache, il n'est pas pour autant convoqué devant la commission nationale des conflits du PS. Ma convocation relevait plus du règlement de comptes que de la justice interne du parti''.


Des responsables du PS avaient souhaité que M. Frêche décide de lui-même de se mettre en congé du parti. "Le mieux serait que, dans un souci d'apaisement, M. Frêche décide par lui-même. Cela lui éviterait de se voir infliger une sanction pénible et douloureuse", avait indiqué M. Hollande au Monde, lundi 15 janvier.

Le 11 février 2006, M. Frêche avait traité les harkis de "sous-hommes", ce qui lui avait déjà valu une suspension des instances dirigeantes du PS. Le tribunal correctionnel de Montpellier doit rendre son jugement le 25 janvier. Le procureur avait réclamé une amende de 15 000 euros à l'encontre de M. Frêche.



Menacé d'être exclu du PS, Georges Frêche envisage de se "mettre en retrait pendant deux ou trois mois"

LE MONDE | 16.01.07 | 13h48

Le calendrier n'offre aucun répit à François Hollande : alors qu'il se trouve affaibli et malmené dans ses fonctions, le premier secrétaire du Parti socialiste va devoir gérer, dans les prochains jours, un dossier épineux. Date butoir : le 27 janvier.

Ce jour-là, la commission nationale des conflits du PS doit se réunir pour statuer sur le cas de Georges Frêche. Le 14 novembre 2006, devant le conseil d'agglomération de Montpellier (Hérault), le président de la région Languedoc-Roussillon avait déploré que l'équipe de France de football compte "neuf Blacks sur onze. La normalité serait qu'il y en ait trois ou quatre." Le bureau national du PS avait décidé à l'unanimité, le 21 novembre, de saisir l'instance disciplinaire du parti. "S'il s'avère que les propos rapportés sont exacts, alors il y a incompatibilité avec son appartenance au PS", avait-il estimé. Une analyse confirmée, le 30 novembre, par M. Hollande (Le Monde du 2 décembre 2006).


De source proche de la commission des conflits, on estime que l'instruction du dossier Frêche effectuée par le rapporteur, Bernard Pignerol, n'a apporté aucun élément susceptible d'éviter une exclusion réclamée par bon nombre de responsables et militants socialistes.

Cette décision semblant inéluctable, certains socialistes souhaitent que M. Frêche prenne les devants en se mettant de lui-même en congé du parti. Une solution qui permettrait au PS de prévenir dans l'Hérault - quatrième plus grosse fédération du parti - des remous dommageables à la campagne présidentielle de sa candidate.


"Le mieux serait que, dans un souci d'apaisement, M. Frêche décide par lui-même. Cela lui éviterait de se voir infliger une sanction pénible et douloureuse", a indiqué M. Hollande au Monde, lundi 15 janvier au soir. La semaine dernière, Robert Navarro, premier secrétaire du PS de l'Hérault, avait évoqué la possible "mise en congé spontanée" du président de la région languedocienne. Un propos assorti, à Paris, de rumeurs sur un éventuel "transfert" de M. Frêche au Parti radical de gauche (PRG).


Lundi matin, l'intéressé s'est montré prêt à prendre les devants. Mais en des termes qui ne laissent guère de doute sur sa volonté de garder la main. "Si je décide de me mettre en retrait pendant deux ou trois mois, c'est uniquement en raison du respect que j'ai pour Ségolène. Parce que je ne veux pas être un obstacle pour elle, alors qu'elle va avoir un dur combat à mener. Mais ça me navre... Je n'ai jamais sacrifié les intérêts de mon parti à des intérêts personnels", a déclaré M. Frêche, en marge de la présentation d'une enquête sur la perception des équipements dans l'agglomération de Montpellier.


Ce pas en avant a été aussitôt assorti d'une attaque en règle contre le premier secrétaire du PS, accusé de "manquer un peu de colonne vertébrale", et de nouvelles menaces à peine voilées. Evoquant le cas du président (PS) de la région Ile-de-France, Jean-Paul Huchon, poursuivi pour prise illégale d'intérêt, M. Frêche a fait mine de s'interroger : "Est-ce que le parti a demandé des comptes à celui à qui on a donné 4 millions pour un journal qui n'a tenu que deux jours ? Je ne dis pas qu'il n'y a pas quelque raison à Paris pour qu'on me pourchasse mais quand je vois le comportement de certains dirigeants... Je me dis qu'il faudrait que le parti se taise un peu."

Réputé "incontrôlable", M. Frêche avait refusé de rencontrer le rapporteur de la commission des conflits lors de la venue de ce dernier à Montpellier, en décembre. Soucieux de ménager la susceptibilité de M. Frêche, les responsables du PS ne sont guère bavards. M. Hollande se borne à indiquer qu'il entend "l'appeler dans les prochains jours".

M. Frêche est déjà suspendu des instances dirigeantes du PS pour avoir traité des harkis de "sous-hommes". Une affaire dans laquelle le tribunal correctionnel de Montpellier rendra son jugement le 25 janvier. Le procureur avait réclamé une amende de 15 000 euros à l'encontre de M. Frêche.

Jean-Baptiste de Montvalon et Philippe Palat (à Montpellier)

Article paru dans l'édition du 17.01.07

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