Stabilité du nombre de faits antisémites, baisse des actes racistes
LE MONDE | 01.12.06 | 14h36
Un policier antillais défendant un supporteur de confession juive face à des hooligans du PSG : résumé de façon abrupte, le drame survenu le 23 novembre aux abords du Parc des Princes a remis dans l'actualité les actes antisémites et racistes. Depuis l'enlèvement et la mort d'Ilan Halimi, en février, ce thème était, pourtant, moins souvent évoqué.
Les chiffres de la direction générale de la police nationale (DGPN) indiquent une certaine stabilité entre 2005 et 2006 des faits antisémites (- 3,5 %) et une baisse des faits de racisme (- 24,3 %), comptabilisés distinctement. Au cours des dix premiers mois de l'année, 436 faits antisémites (menaces, insultes, dégradations, violences) ont été recensés, contre 452 sur la même période en 2005 (504 pour toute l'année). Après le pic de 2004 (974 faits), le volume total est donc en légère décrue. En revanche, les violences physiques sont plus nombreuses, passant de 85 à 97, soit + 14,1 % (200 en 2004).
"En 2005, nous avions été déjà frappés par la hausse significative de la gravité des actes, explique Michel Forst, secrétaire général de la Commission nationale consultative des droits de l'homme. On perçoit un faisceau de phénomènes : une hausse générale des violences aux personnes en France, une radicalisation de certaines opinions, une sensibilité toujours très forte aux événements internationaux."
L'étude de l'évolution mois par mois des statistiques montre "une forte élasticité, liée aux événements du Proche-Orient d'une part, à la médiatisation de faits divers en France d'autre part", souligne la DGPN. Mars a été le mois le plus noir de l'année pour les actes antisémites (72 faits).
Le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) effectue son propre relevé des actes antisémites, dont les tendances confirment celles de la police : après une baisse très importante de 47 % en 2005 par rapport à 2004, les actes antisémites - toutes catégories confondues - apparaissent en légère hausse (+ 10 %). Les actions - dégradations, vandalismes, mais surtout les agressions physiques - seraient en forte hausse depuis le début de l'année (plus de 25 %). "On assure beaucoup mieux, aujourd'hui, la protection des lieux sensibles, c'est-à-dire des synagogues et des écoles juives, qui ne sont presque plus visées, explique-t-on au CRIF. En revanche, on se trouve face à un grave problème de violences physiques. Il est difficile de mobiliser l'opinion sur ce thème."
Les statistiques des faits de racisme et de xénophobie de la DGPN indiquent pour leur part une forte décrue de 24,3 % entre 2005 et 2006 (286 contre 378 sur dix mois en 2005). Les actions violentes enregistrent aussi une tendance à la baisse (de 69 à 53). Les années 2002 et 2004 avaient atteint des records, avec 119 et 169 actions violentes. Ces baromètres, non exhaustifs, sont le produit des remontées d'information des services régionaux de police.
Piotr Smolar
Article paru dans l'édition du 02.12.06
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