07 décembre 2006

Football: Thierry Henry part en guerre contre le racisme

Football: Thierry Henry part en guerre contre le racisme

mer 06 déc, 14h21

LONDRES (Reuters) - Thierry Henry, qui a souffert du racisme sur les terrains d'Europe, a décidé de partir en guerre contre un phénomène toujours présent autour des stades.

L'attaquant de l'équipe de France et d'Arsenal vient de lancer à Londres sa fondation pour lutter contre le racisme et les inégalités sociales.


Baptisé "THe One 4 All Foundation" (la fondation un pour tous), son mouvement, dont le nom reprend à la fois ses initiales, TH, et son numéro de maillot fétiche, le 14, cible particulièrement les enfants de milieux défavorisés.


"Il faut éduquer les gens", a-t-il déclaré lors de la présentation, mardi, de sa fondation, dont les actions seront menées à la fois en Europe et en Afrique.


"Ce n'est pas facile. C'est pourquoi je cible les enfants parce qu'il peuvent être éduqués. "Pourquoi les enfants défavorisés ? Parce que c'est le milieu d'où je viens et que je veux lui être utile."'


Thierry Henry, qui a grandi dans une famille modeste aux Ulis, en banlieue parisienne, a raconté comment il avait été victime du racisme au cours de sa carrière, notamment lors d'un match à Valence, en Espagne, en 2003.


"Je vais pour tirer un corner et on me crache dessus, on me lance des pièces et des briquets", a-t-il dit à Reuters.


"Je suis allé voir l'arbitre et je lui ai montré les crachats sur mon maillot, des pièces et un briquet. Il m'a regardé et m'a dit : 'Qu'est-ce que vous voulez que je fasse?'"

"On s'est senti impuissant, tous les deux. On ne savait pas quoi faire. Alors on a continué à jouer."


Thierry Henry, qui a été nommé en 2005 ambassadeur dans le cadre d'une campagne contre le racisme lancée par la FIFA, a également été la cible de propos racistes tenus en 2004 par le sélectionneur espagnol, Luis Aragones.


Maintenant, le joueur déclare vouloir "rendre un peu" de tout ce que le football lui a donné. "Avec l'argent de la fondation, on va essayer de construire des écoles, peut-être en Afrique, peut-être aussi dans la région d'où je viens".


L'argent proviendra en partie des profits de la vente d'une ligne de vêtements qu'il va créer, mais pas seulement.

"Si l'argent doit sortir de ma poche, et ce sera parfois le cas, cela ne me dérange pas", a-t-il dit. "Pour moi, au fond de mon coeur, c'est quelque chose de vraiment important".

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