25 000 participants de France, et quelques escrocs...
LE MONDE | 28.12.06 | 14h43
Plus de 25 000 pèlerins au départ de la France ont obtenu un visa des autorités saoudiennes en 2006. Comme chaque année, plusieurs centaines ont encore été victimes, à l'envol, d'agences de voyages, de compagnies "à bas coût" ou de "rabatteurs" peu scrupuleux. L'an dernier, 5 000 pèlerins de France étaient restés bloqués en Arabie : leur compagnie de charters, entre-temps, avait déposé son bilan. Les Saoudiens ont commencé à faire le ménage : certaines agences oeuvrant en France n'ont pu obtenir de visas.
Mais le marché français du hajj souffre d'une absence chronique de régulation. Contrairement aux pays musulmans, où les autorités encadrent le pèlerinage, en France, ce sont principalement les agences de voyages qui vendent les séjours. Certaines tirent les prix vers le bas au détriment des conditions d'hébergement, souvent en chambre collective ou en dortoir, et loin de la Grande Mosquée.
L'association SOS Pèlerins a dressé, en septembre, une liste d'opérateurs de voyages "dont les compétences ont pu être vérifiées", disponible sur le site www.sospelerin.org. C'est la première fois qu'une telle liste est constituée. Le ministère de l'intérieur, conscient des difficultés, souhaiterait susciter une véritable "mission du pèlerinage" ou un "pavillon français", comme l'ont fait d'autres pays. Cependant, le respect de la laïcité empêche les pouvoirs publics de jouer un rôle actif.
AIDE AUX VOYAGEURS
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) ne joue pas non plus ce rôle d'encadrement. Il n'en a pas les moyens financiers et chacune de ses grandes fédérations a tendance à utiliser ses propres filières en fonction de ses liens avec les pays d'origine (Algérie pour la Mosquée de Paris, Maroc pour la Fédération nationale des musulmans de France, Turquie pour le Comité de coordination des musulmans turcs de France).
Depuis 2000, le consulat de France à Djeddah anime une "antenne consulaire" à l'Hôtel Mercure de La Mecque pendant la durée du hajj. Les agents de l'Etat (obligatoirement de confession musulmane) ont pour fonction de résoudre les problèmes administratifs tels que la perte de documents d'identité ou le décès d'un ressortissant français. Ils ne peuvent pas défendre les intérêts des voyageurs victimes d'escrocs.
Xavier Ternisien
Article paru dans l'édition du 29.12.06
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