A quoi jouent les ados des 4.000
mercredi 1 novembre 2006, 15h21
LA COURNEUVE, Seine-Saint-Denis (AP) - Football et jeux vidéo. Les adolescents de la cité des 4.000 à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) ont les mêmes loisirs que tous leurs congénères. Mais au pied des barres, où ils s'échangent des sonneries de portable, le banal côtoie parfois les jeux interdits.
Adem, 15 ans, s'entraîne plusieurs fois par semaine à la natation et à la boxe anglaise. Mohand, 11 ans, "joue au foot avec des copains" du quartier et de l'école. Ou alors il va à l'espace jeunesse La Tour pour jouer sur ordinateur, à des jeux de combat ou des puzzles.
Djamel, 14 ans, fait de la course à pied, du ping-pong et du badminton. Il aime bien lire des romans policiers et, dans un autre registre, il a particulièrement apprécié "Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran". Ce livre, qui lui a été recommandé au collège, parle de "la tolérance", explique-t-il.
Son ami Ibrahim, 12 ans, fréquente habituellement la bibliothèque. Mais il a été "viré pour un mois". "Il y avait une bagarre et moi, j'ai filmé sur le mobile", raconte-t-il. Ibrahim fait parfois des tours de moto dans la cité, sans casque et sans avoir appris à conduire. "C'est facile, c'est naturel", assure le garçon.
Lorsqu'on lui demande quel véhicule il utilise pour ses trajets récréatifs, son ami Mohammed, 16 ans, explique: "Un copain va sur Paris, il vole une moto, il la ramène ici et après il la prête à ses copains, tout le monde en fait".
Le sport le plus populaire reste tout de même le football. D'ailleurs, Mohammed, Ibrahim et Djamel se dirigent avec Karim, 14 ans, vers le terrain de la cité pour y jouer. "Y a personne le matin", note Karim. L'affluence est bien plus grande l'après-midi.
Il n'y a guère que les consoles de jeu pour remporter un succès aussi vif. Mohand a une PSP (PlayStation Portable), Karim joue aux jeux vidéo seul ou avec ses copains -"ça dépend"- et il aime les jeux de sports et d'aventure. Idem pour Adem qui joue chez lui à des jeux d'aventure sur sa PlayStation.
Quand ils ne font rien de spécial, ils "tiennent les murs", vieille expression désignant les rassemblements de jeunes dans les halls d'immeuble ou à l'entrée des bâtiments.
"Je suis dans ma cité, dehors", confie Farad, 18 ans, qui s'apprête à aller en voiture à Paris, sur les Champs-Elysées, avec un ami.
"Je passe le temps avec mes copains", dit Adem, 15 ans. "On discute de tout". A côté de lui, Karim, 21 ans, explique aussi: "Je suis plutôt dehors, à discuter". Pendant ce temps, l'un des membres du groupe -exclusivement masculin- ouvre la porte vitrée à un habitant, plus âgé, qui sort de l'immeuble. Plusieurs jeunes le saluent avec respect. AP
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire