L'Express, 26 octobre 2006
Azouz Begag est allé voir son ophtalmo. Non qu'il ait des problèmes de vue spécifiques, mais il devait accomplir une visite approfondie en prévision d'un vol en Mirage 2000, qu'il va bientôt effectuer: les "G" qu'il va encaisser exigent cette prudence.
"Le médecin m'a dit que je n'aurais jamais pu être pilote de chasse, explique-t-il. J'ai une scoliose qui rend l'usage du siège éjectable dangereux. Je ne sais pas pourquoi, il n'a pas arrêté de me parler du siège éjectable... Peut-être parce que je suis ministre..."
Azouz Begag est non seulement très sympathique, mais il a une énergie inépuisable et un optimisme qui réjouit face aux problèmes d'intégration qu'il affronte depuis 25 ans, comme écrivain ou comme politique.
L'écrivain, justement, ne se sépare jamais de sa clef USB et, tous les jours, inscrit quelques lignes sur ce qu'il voit ou entend. Cela donnera un livre, publié sans doute après 2007 ("Avant, je ne serai invité dans aucun média pour en parler, à cause du calcul des temps de parole pendant la campagne"), qui sera sans doute intitulé "Je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy". Il avait répondu cela à un jeune qui l'interpellait sur la "loi immigration" présentée par le ministre de l'Intérieur.
C'est là le problème: Ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances, Azouz Begag ne dispose d'aucune administration, d'aucun service structuré, d'aucun vrai relais d'Etat sur le terrain. Il doit compter sur la bonne volonté de ses collègues, des entreprises, des Français... Sa seule arme est son bâton de pélerin, celui qu'il reprend, jusqu'à la fin de novembre, pour son tour de France de la diversité.
Ce n'est pas une raison pour que Sarkozy, si l'on en croit Le Monde, ait dit: "Lui, il faudrait qu'il apprenne à fermer sa gueule".
La bonne foi d'Azouz Begag n'est pas en question, mais aura-t-il été pendant deux ans au gouvernement autre chose qu'un symbole brandi par la droite, et un outil anti-Sarko dans les mains de Villepin?
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