21 octobre 2006

Un musulman en correctionnelle pour avoir frappé le gynécologue soignant sa femme

Un musulman en correctionnelle pour avoir frappé le gynécologue soignant sa femme

vendredi 20 octobre 2006, 13h45

PARIS (AP) - Un musulman présenté comme intégriste et accusé d'avoir agressé un gynécologue-obstétricien qui soignait sa femme en septembre dernier à l'hôpital Robert-Debré à Paris comparaîtra devant le tribunal correctionnel de Paris le 24 janvier 2007, a-t-on appris vendredi de sources judiciaires.

L'Assistance-publique des Hôpitaux de Paris et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français vont se constituer partie civile.

Un soir de garde, en septembre dernier, le Pr Jean-François Oury, chef du service de gynécologie-obstétrique de l'hôpital Robert-Debré (XIXe arrondissement), a été agressé physiquement par un homme mulsuman, alors qu'il donnait de soins à sa femme, accuse le Collège dans un communiqué.

"On m'a signalé à plusieurs reprises dans d'autres hôpitaux des altercations où il a fallu faire venir des vigiles pour faire partir le mari de patientes", a affirmé vendredi sur RTL le Pr Jacques Lansac, président du Collège, mais "c'est la première fois qu'un médecin se fait gifler par le mari d'un patiente à qui il devait porter des soins". AP



Les gynécologues s'alarment des pressions islamistes

JEAN-MARC PHILIBERT.

Le Figaro, Publié le 21 octobre 2006

Un obstétricien de l'hôpital Robert-Debré à Paris a été frappé par un mari intégriste en septembre.

LES FAITS remontent au mois de septembre mais ils n'ont été rendus publics que jeudi soir. Dans la nuit du 8 septembre dernier, à l'hôpital Robert Debré, dans le XIXe arrondissement de Paris, le professeur Jean-François Oury effectue sa tournée des patientes admises au service de gynécologie obstétrique. De garde ce soir-là à la maternité, le chef de service vient ausculter une femme musulmane à l'issue d'un accouchement difficile. Alors qu'il s'apprête à l'examiner, le mari de la patiente, visiblement furieux, se jette sur le médecin et l'insulte avant de le gifler. Il faudra l'intervention de la police et le transfert du couple dans un autre établissement pour ramener le calme. Le médecin et l'AP-HP ont porté plainte pour coups et blessures et violences volontaires.

Acte isolé ou bien exacerbations des tensions en milieu hospitalier ? Hier, à l'hôpital Robert-Debré, on voulait dédramatiser l'incident. « C'est un acte isolé et unique qui nous a surpris, explique un membre de l'équipe médicale. Nous restons très attachés à la laïcité mais il n'y a pas là de quoi remettre en cause le fonctionnement de l'hôpital. »

«Ces agressions sont inacceptables»

Cette agression n'est pourtant pas la première du genre. En août 2003, le chef du pôle femme-enfant à l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois, Stéphane Saint-Léger, avait déjà été victime d'une agression de la part d'un intégriste musulman. Là aussi, l'administration avait dû faire appel aux forces de l'ordre pour évacuer le pertur­bateur.

« Ces agressions sont inacceptables, dénonce aujourd'hui le professeur Jacques Lansac, président du collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). L'hôpital doit rester un lieu neutre. Toutes les religions sont respectables mais elles doivent rester dans un cadre personnel et certainement pas déborder dans nos établissements. À l'hôpital, c'est le principe de laïcité qui doit s'appliquer. »

Si les gynécologues prennent aujourd'hui position, c'est qu'ils estiment faire face à une montée inquiétante de l'intégrisme musulman en milieu hospitalier. « Cela se traduit d'abord par une recrudescence de demandes de certificats de virginité, poursuit le professeur Lansac. Ce n'est pas acceptable. Nous comprenons la pression croissante que subissent les femmes musulmanes, mais il s'agit d'une atteinte à leur dignité. On demande au médecin de vérifier la qualité de la « marchandise ». Or la femme n'est pas une chose. À mon avis, c'est une régression pour les femmes alors que nous nous sommes battus, dans les années 1970, pour que leur corps leur appartienne. »

Cette dernière agression survient en tout cas dans un climat tendu. Les actes de violences physiques ne cessent en effet de progresser au sein des établissements hospitaliers en Ile-de-France. De 145 en 2004, elles sont passées à 184 l'année dernière, selon les chiffres de l'AP-HP. Sur ce chiffre, une infime partie seulement est imputable à la montée de l'intégrisme.

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