Un an après les émeutes, Nicolas Sarkozy rend hommage à la France "qui se lève tôt"
vendredi 27 octobre 2006, 19h03
MENDE (AP) - Nicolas Sarkozy a passé vendredi le premier anniversaire du début des émeutes en banlieue en Lozère, au coeur de la France rurale. "Ce n'est pas parce que quelques voyous brûlent des bus (...) que je dois ne m'occuper que de ces voyous", a expliqué le ministre de l'Intérieur à Rieutort-de-Randon.
"Pour moi, il n'y a pas d'anniversaire. Ce n'est pas parce qu'ici, on ne casse rien et qu'on travaille dur, qu'on n'a pas des souffrances, des demandes, des inquiétudes, des besoins et des aspirations: désertification, accès Internet, services publics, agriculture", a ajouté le président de l'UMP, qui avait coiffé pour l'occasion sa casquette de ministre de l'Aménagement du territoire.
Nicolas Sarkozy a commencé sa journée au café Magne de Rieutort-de-Randon, sous un soleil printanier. Interrogé par des buralistes, inquiets du projet de loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics, il a rappelé qu'il était "favorable à cette mesure" du gouvernement Villepin tout en prônant une "tolérance" pour les débits de tabac, "qui jouent un rôle social notamment dans des bourgs de quelques centaines d'habitants".
"Interdire de fumer dans les endroits où l'on vend du tabac c'est quand même curieux", a jugé le ministre qui s'est dit "contre les règles rigides qui s'appliqueraient partout sur le territoire de la République".
Revenant sur les 35 heures, il a rappelé le choix qui, selon lui "s'offrira aux électeurs en 2007: nous voulons donner la possibilité de travailler plus pour gagner plus, la gauche reste de son côté sur une rigidité du temps de travail."
Après un passage éclair à la charcuterie, au point Poste et au centre multimédia, il s'est vu remettre par le député-maire UMP Francis Saint-Léger un GPS et un bâton de pélerin, deux cadeaux symboliques dans la perspective de l'élection présidentielle. "Mon plus beau cadeau, c'est d'être ici", a-t-il lancé. "Je me sens en harmonie avec les habitants, je partage vos valeurs: travail, humilité face aux saisons, solidarité familiale et à l'intérieur des villages, attachement à une terre, un histoire, un pays".
Nicolas Sarkozy a ensuite signé le pôle d'excellence rurale "Valorisation du lait des montagnes de Margeride", sacrifiant au rituel des caresses aux vaches. Au pas de charge, il s'est ensuite rendu sur le chantier du pôle médico-chirurgical du Gévaudan à Marvejols, où il a de nouveau insisté sur la valeur travail. "On ne donne pas assez à ceux qui veulent s'en sortir, et trop à ceux dont la seule idée est d'empoisonner la vie des autres", a-t-il affirmé sous les applaudissements, dans ce département historiquement ancré à droite.
Au centre hospitalier de Mende, il a abordé les enjeux futurs de la ruralité: maintien des services publics, désenclavement par le biais des nouvelles technologies (téléphonie mobile et Internet haut débit), accroissement de la valeur ajoutée des productions (laitières, forestières) par l'image de marque, les labels de qualité et les services associés, regroupement des médecins pour pallier la sous-médicalisation actuelle des zones rurales.
Avec 75.000 habitants, la Lozère est le département le moins peuplé de France. Mais depuis le recensement de 1999, elle ne perd plus d'habitants. AP
28 octobre 2006
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