Les partis interpellés lors d'un colloque sur la diversité
LE MONDE | 30.10.06 | 16h24 • Mis à jour le 30.10.06 | 16h24
De l'UMP aux Verts, tous les responsables des partis étaient invités et même annoncés au colloque "Diversité et représentation politique" qui se tenait, samedi 28 octobre, à Paris, à l'initiative du Haut Conseil à l'intégration (HCI). Seuls deux sont venus, Marie-George Buffet, secrétaire générale du PCF, et Yann Wehrling, secrétaire national des Verts. Pourtant, l'attente de diversité en politique est forte, comme en témoignait le public très mélangé.
"Des choses se font, mais pas suffisamment vite. Et pour arriver à 30 % de femmes, et quelques circonscriptions données à des personnes un peu plus colorées que d'autres, je ne vous dis pas à quel point le travail a été difficile", a reconnu Jeannette Bougrab (UMP), membre du HCI. Les efforts des partis sont encore laborieux.
Combien de candidats issus de la diversité ont-ils été désignés pour les législatives de 2007 ? Vingt par le PS, "dont dix ont de bonnes chances d'être élus", a souligné Malek Boutih ; une douzaine à l'UMP, "hors des circonscriptions des députés sortants", a précisé Yves Jégo. "Il est plus compliqué de favoriser la diversité lorsque l'on a 365 députés sortants", s'est défendu le député UMP de Seine-et-Marne, tout en reconnaissant qu'il faut réfléchir à une dose de proportionnelle... au Sénat, "car le risque à l'Assemblée nationale, c'est de voir monter le Front national".
"Les grands partis ne veulent pas de la proportionnelle au prétexte que cela va faire monter le FN, mais Jean-Marie Le Pen s'est retrouvé au 1er tour de la présidentielle de 2002. Voilà le résultat !", a fait remarquer Stéphane Pocrain, repris par plusieurs intervenants. Les représentants des partis ont été alertés par les questions de la salle : "Si des mesures ne sont pas prises d'en haut, un mouvement émergera hors des partis. Cela ne serait-il pas plus efficace que de s'épuiser à convaincre les partis ?"
"On crie au communautarisme. Mais le risque du communautarisme existe justement parce qu'il n'y a pas de distribution des pouvoirs", a lancé M. Pocrain, candidat déclaré à la présidentielle, qui affirme "croire aux partis comme seul moyen de réguler notre vie collective".
Laetitia Van Eeckhout
Article paru dans l'édition du 31.10.06
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