24 octobre 2006

La police tente de recruter dans les quartiers

La police tente de recruter dans les quartiers

lundi 23 octobre 2006, 17h16

PARIS (AP) - La police tente de recruter davantage de jeunes de cités afin de mieux refléter la diversité de la société et d'améliorer ses relations avec les habitants des quartiers sensibles. "Ça ne peut que faciliter un rapprochement entre policiers et population", admet Emile Perez, directeur de la formation de la Police nationale.
Plusieurs "programmes de promotion d'égalité des chances" permettent "un pré-recrutement de jeunes issus de toutes les composantes de la société", explique-t-il dans un entretien téléphonique à l'Associated Press.

Actuellement, 10.000 adjoints de sécurité travaillent dans les commissariats. Chaque année, 3.000 jeunes de 18 à 25 ans sont recrutés pour un contrat de cinq ans. Ils sont chargés d'assister les policiers dans leurs missions de prévention et de répression de la délinquance, de surveillance générale et d'assistance aux victimes.
Les cadets de la République sont de la même tranche d'âge, mais il s'agit de 1.000 jeunes qui sont accueillis en école de police pour y être préparés au concours de gardien de la paix.

Quarante pour cent des postes à ce concours sont réservés aux adjoints de sécurité et aux cadets de la République.

Il existe enfin des "classes préparatoires intégrées" qui dispensent une formation à des jeunes diplômés bac +3 ou bac +5, une vingtaine se préparant au concours d'officier, une quinzaine à celui de commissaire.

Emile Perez a constaté "une plus grande diversité des origines après 1997 lors de la création des adjoints de sécurité". Il a observé également en 2005 "une deuxième vague d'enrichissement par la diversité" qui correspondait aux programmes des cadets de la République et des classes préparatoires.

"Ça contribue à faire évoluer la culture policière et ça devrait contribuer à faire évoluer le regard de la population sur sa propre police", avance le directeur de la formation. Il rappelle que les forces de l'ordre ont été accusées de "racisme", notamment de mener des contrôles d'identité "au faciès".

En se diversifiant, la police porte "un autre message" et "devient à l'image de la société qu'elle sert", assure M. Perez.

D'après lui, les policiers et les formateurs font preuve d'un "véritable engagement" pour accompagner les jeunes des quartiers difficiles qui souhaitent intégrer les forces de l'ordre. "Ils ont un regard sur ces jeunes qui lui-même a évolué".
Dans son rapport "La République à ciel ouvert" publié en novembre 2004, Azouz Begag avait préconisé d'augmenter la proportion des enfants et petits-enfants d'immigrés dans la police. Les statistiques ethniques étant interdites en France, il s'était livré à une évaluation "à vue de nez" à partir des patronymes des agents.

"En janvier 2004, dans la Police nationale, sur un peu plus de 11.000 adjoints de sécurité, l'estimation des jeunes d'origine maghrébine ou africaine pouvait varier de 5% à 15%", écrivait à l'époque Azouz Begag, devenu depuis ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances. "Chez les commissaires, nous estimons à une dizaine le nombre des fonctionnaires d'origine maghrébine. Ils seraient 300 chez les officiers". Des chiffres qu'il souhaitait voir "tripler dans les deux ou trois ans à venir", autrement dit d'ici 2007. AP

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