La discrimination massive subie par les candidats à la location
LE MONDE | 10.07.06 | 14h58 • Mis à jour le 13.10.06 | 15h10
Une enquête menée auprès de 120 agences immobilières d'Ile-de-France, de Nice et de Lille, selon la méthode du "testing", révèle que le candidat dit "de référence" (avec un nom à consonance de France métropolitaine) obtient de pouvoir visiter un logement à louer dans 35 % des cas, contre 20 % pour le candidat d'origine maghrébine et 14 % pour celui originaire d'Afrique noire. Tous les postulants font état de profils équivalents : salaires supérieurs à trois fois le montant des loyers et contrats à durée indéterminée.
Les résultats ont été publiés, mercredi 5 juillet, par la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l'égalité (Halde) présidée par Louis Schweitzer.
Une fois la visite effectuée, le candidat "de référence" obtient de signer le contrat de location dans 75 % des cas, un résultat qui chute à 26 % pour la famille monoparentale, 22 % pour le candidat d'Afrique noire et 17 % pour le Maghrébin. Les pratiques vont de la discrimination avérée, lorsque l'agent immobilier répond que l'appartement est déjà loué alors qu'il ne l'est pas, à la demande de garanties supplémentaires ou au report des rendez-vous, etc.
"Nous examinerons les suites juridiques à donner dans chaque cas", a promis M. Schweitzer. Elles peuvent aller du simple rappel à la loi à la transmission au procureur de la République.
Isabelle Rey-Lefebvre
Article paru dans l'édition du 11.07.06
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