« Je refuse de jouer le beur de service »
Le Point, Christophe Labbé et Olivia Recasens
«Alors que, sur les stades, j'ai toujours été considéré comme un Français, en politique j'ai dû montrer patte beur. » Mourad Ghazli, 32 ans, membre du bureau du parti radical (UMP) coprésidé par Jean-Louis Borloo, et ancien champion de judo, met les pieds dans le plat.
Dans un livre décapant, intitulé « Ne leur dites pas que je suis français, ils me croient arabe » (1), Ghazli pointe la responsabilité des politiques dans la montée du communautarisme en France. « Quand vous êtes beur et que vous toquez à la porte d'un parti, ce qui compte, ce ne sont pas vos idées ou vos compétences, mais le poids que vous pesez dans la communauté. » Ce petit-fils d'un « indigène » se rappelle, au RPR puis à l'UMP, avoir tout de suite été cantonné à « une tâche ethnique » : « Je devais faire l'Arabe de service pour racoler mes semblables. » Et de s'en prendre aux « collabeurs » qui acceptent sans broncher le rôle de faire-valoir. Ghazli raconte comment, en attirant le chaland à coups de « discrimination positive » et de « droit à la différence », les politiques émiettent l'identité nationale et font le lit des extrêmes. « Je ne réclame pas le droit à la différence mais à l'indifférence, le patrimoine culturel de chacun est du ressort de la vie privée. » Un livre indispensable pour décoder, à l'approche de la présidentielle, le double discours des politiques sur le communautarisme
1. Presses de la Renaissance, 264 pages, 17 euros.
© le point 05/10/06 - N°1777 - Page 86 - 245 mots
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