03 octobre 2006

Fatwa sur un prof de philo: la FNMF "ne peut que condamner" mais s'interroge sur "l'origine des menaces"

Fatwa sur un prof de philo: la FNMF "ne peut que condamner" mais s'interroge sur "l'origine des menaces"

vendredi 29 septembre 2006, 19h13

PARIS (AP) - La Fédération nationale des musulmans de France (FNMF) "ne peut que condamner" la fatwa dont fait l'objet un professeur de philosophie pour avoir signé une tribune sur l'Islam, a déclaré vendredi son président Mohamed Bechari, qui a cependant émis "un doute sérieux sur l'origine de ces menaces".

Robert Redeker, qui enseigne dans la région toulousaine, avait publié dans "Le Figaro" de lundi une tribune intitulée "Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre?"

Souvieux d'éviter "un amalgame entre Islam, islamisme et fatwa", Mohamed Bechari juge qu'il "ne faut pas répondre à une bêtise par une autre bêtise". Mais avant tout, a-t-il souligné sur la chaîne Public Sénat, "il faut vérifier le sérieux de ces menaces".

"J'émets un doute sérieux sur l'origine de ces menaces", a-t-il souligné, évoquant la possibilité d'une "manipulation" politique quelques mois avant l'élection présidentielle.

"Cela peut venir de certains extrêmes islamistes, djihadistes ou salafistes comme cela peut venir aujourd'hui de l'extrême droite ou d'une certaine droite qui veut faire aujourd'hui peur aux Français", en leur faisant croire que "derrière chaque musulman, il y a un poseur de bombe", a-t-il avancé.

A ses yeux, "la montée de l'intégrisme existe dans toutes les communautés religieuses et elle existe malheureusement au sein de certains partis politiques de droite et d'extrême droite qui veulent absolument un débat à la veille des élections présidentielles", comme ce fut le cas au moment du scrutin européen de 2004 avec les questions de la Turquie et de l'Islam.

"Nous sommes attachés à la loi, au droit et à la liberté d'expression", a encore assuré le président de la FNMF, première composante du Conseil français du culte musulman. "En même temps, il y a la liberté et il y a la responsabilité." AP

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