Bagagistes de Roissy: la CGT brandit la menace d'une "action d'ampleur"
lundi 23 octobre 2006, 18h22
PARIS (AP) - Le syndicat CGT d'Air France, qui proteste contre la décision du ministère de l'Intérieur de retirer leurs badges d'habilitation à plusieurs dizaines de bagagistes de l'aéroport de Roissy, a menacé lundi d'une "action d'ampleur" pour faire cesser des actes qu'elle estime "discriminatoires". Une réunion intersyndicale est prévue le 7 novembre.
"Depuis un mois, des dizaines de salariés de confession musulmane sont avertis de l'abrogation de leur titre d'accès en zone réservée et sont en situation de perdre très rapidement leur emploi, sans préavis ni indemnité", dénonce la CGT dans un communiqué diffusé lundi. "Aucun fait précis ne leur a été communiqué qui puisse justifier cette décision préfectorale. On peut en déduire que ces décisions sont fondées uniquement sur des pratiques religieuses", poursuit le syndicat.
Estimant que "toutes ces décisions sont (...) illégales", la CGT "va saisir le tribunal administratif de Cergy-Pontoise sur le cas de plusieurs salariés. Me Daniel Saadat, avocat de plusieurs bagagistes, annonce pour sa part une audience le 10 novembre devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. L'Union Locale CGT a d'ores et déjà prévu de consulter le même jour les syndicats et sections syndicales CGT de Roissy sur la construction d'une initiative d'ampleur comme réponse à la provocation du préfet et du gouvernement", souligne le syndicat
Il précise qu'une première réunion intersyndicale est fixée au 7 novembre.
Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a invoqué des impératifs de sécurité, samedi dernier, pour justifier la décision de retirer les badges de plusieurs dizaines de bagagistes de l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle en banlieue parisienne.
"Il y a 43 personnes à qui nous avons retiré l'habilitation. Il n'y avait là aucun 'délit de sale gueule'. Il y avait des éléments précis qui nous appelaient à leur interdire l'entrée", a-t-il affirmé lors d'un débat à la Sorbonne dans le cadre de la 15e édition des débats de la Cité de la Réussite. Il n'a livré aucune précision concernant ces éléments.
"Je ne peux pas accepter que des gens qui ont une pratique radicale travaillent sur une plate-forme aéroportuaire", a poursuivi Nicolas Sarkozy, qui estime de son "devoir de veiller à ce qu'ils n'aient ni de près ni de loin de liens avec des organisations radicales".
"Peut-être qu'on s'est trompé", mais dans ce cas, "qu'ils fassent valoir leurs droits devant les tribunaux", a-t-il ajouté. "Je préfère qu'on ait le risque d'un contentieux devant un tribunal parce qu'on aura été trop sévère pour une habilitation plutôt qu'on se retrouve avec un drame par ce qu'on n'aura pas été assez sévère". AP
god/mw
24 octobre 2006
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