Azouz Begag annonce sa candidature "sans étiquette" à la mairie de Lyon
LE MONDE | 30.10.06 | 16h08 • Mis à jour le 30.10.06 | 16h08
LYON CORRESPONDANTE RÉGIONALE
L'idée le taraudait depuis plusieurs mois et même depuis plusieurs années : Azouz Begag a officialisé dans les colonnes du Progrès, dimanche 29 octobre, son intention de se présenter "sans étiquette" aux élections législatives dans le Rhône et aux municipales à Lyon. Le ministre délégué à la promotion de l'égalité des chances entend se présenter comme une alternative au duel entre le maire socialiste sortant Gérard Collomb et son challenger de l'UMP, Dominique Perben.
"Je serai la troisième voix et la troisième voie", a-t-il déclaré dans le quotidien lyonnais. Né à Lyon, élevé dans un bidonville à Vaulx-en-Velin, puis à la cité de la Duchère, résident du quartier cosmopolite de la Place-du-Pont, M. Begag bénéficie d'une bonne notoriété auprès des Lyonnais. En 2001, il avait déjà manifesté son intérêt pour les municipales, mais Gérard Collomb ne lui avait proposé qu'un rôle mineur, qu'il avait refusé. Approché par le candidat centriste, Michel Mercier, il n'avait pas osé rejoindre les rangs de la droite.
COMPLICATION POUR M. PERBEN
Sa candidature complique la situation de son collègue du gouvernement Dominique Perben, officiellement investi par Nicolas Sarkozy. Le ministre des transports, qui a abandonné sa mairie de Chalon-sur-Saône pour Lyon, sa ville natale, ne parvient pas à susciter l'enthousiasme des Lyonnais. Pariant sur son statut ministériel, il a cru qu'il rassemblerait sur son nom une droite lyonnaise déchirée. Mais il n'a pas réussi à déborder au-delà de l'UMP. Les centristes ne cessent de gloser sur le candidat, et les "millonistes" n'ont pas renoncé, malgré le retrait de Charles Millon, à partir sous leurs propres couleurs.
Fidèle de Dominique de Villepin, Azouz Begag parie sur le rejet au plan local d'une partie de la droite pour Nicolas Sarkozy et ses affidés. L'écrivain ne cache pas son animosité à l'égard du ministre de l'intérieur. "Mon indépendance, confie-t-il au Progrès, me permet de dire qu'il ne me plaît pas." "Je suis content quand Sarkozy me demande de fermer ma gueule. Ça prouve que, lorsque je l'ouvre, ça marche", ironise le ministre lyonnais, qui consigne chaque jour dans un livret le feuilleton de son expérience gouvernementale.
Sophie Landrin
Article paru dans l'édition du 31.10.06
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