Les anciens combattants des ex-colonies satisfaits par la revalorisation des pensions
mercredi 27 septembre 2006, 16h49
PARIS (AP) - Même s'ils la jugent tardive, les présidents des associations d'anciens combattants des ex-colonies ont exprimé mercredi leur satisfaction après l'annonce de la revalorisation de leurs pensions, à l'occasion d'une rencontre à Matignon avec le Premier ministre Dominique de Villepin.
Originaire du Vietnam, Robert Montluc, président des Anciens combattants indochinois, a combattu aux côtés des troupes françaises de 1948 à 1953 pendant la guerre d'Indochine, puis en Algérie jusqu'en 1958.
"Aujourd'hui, alors que les anciens combattants français touchent environ 460 euros pas an, les anciens combattants indochinois perçoivent quelque 40 euros par an, ce qui ne suffit pas pour vivre", a-t-il expliqué. Un millier d'entre eux sont encore en vie et résident au Vietnam, au Cambodge et au Laos. Au total, 28.000 combattants indochinois ont été tués et 40.000 blessés et disparus.
Joseph Sarlabout, vice-président de la fédération des Anciens combattants de Brazzaville (Congo-Brazzaville), qui a fait la guerre d'Algérie, s'est également réjoui de cette mesure. "Si des droits ont été attribués à certains, il n'y a pas de raison qu'on les refuse aux autres", a-t-il expliqué. "La balle ne choisit pas, elle tue de la même manière".
"J'ai fait la guerre d'Algérie, j'y ai mis toute ma jeunesse et il n'y a pas de raison que je ne sois pas récompensé", a-t-il déclaré, en notant que "c'est une reconnaissance des efforts que nous avons fournis dans l'armée française". "Nous l'avons fait avec le coeur", a-t-il affirmé.
Pour lui, la sortie du film "Indigènes" de Rachid Bouchareb, a peut-être été "un déclic en plus" permettant cette revalorisation qui "va être le double de ce qu'on gagnait avant". Il a toutefois jugé que cette revalorisation intervenait "un peu" tard. "Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire", a-t-il souligné.
Représentants des tirailleurs sénégalais, Mamadou Gueye et Cheikhe Tidjane Dem, ont également exprimé leur contentement pour leurs camarades vivant du côté de Dakar. "Le peu qu'il leur reste encore (à vivre), au moins qu'ils puissent avoir ce qu'on leur doit avant de quitter cette planète", a déclaré M. Dem, rappelant que leur pension avait été "cristallisée". "C'est justice qui sera faite", a-t-il ajouté. AP
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