
Roschdy Zem. © Mars Distribution
«Indigènes» fait craquer Chirac
Emu par le film, sur les écrans mercredi, il s'apprête à revaloriser les pensions des anciens combattants étrangers, gelées depuis 1959.
Par Jean-Dominique MERCHET
QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00
«J acques, il faut faire quelque chose !» L'émotion de Bernadette Chirac après la projection privée du film Indigènes, le 5 septembre, en présence de Jamel Debbouze et Rachid Bouchareb, a convaincu le président de la République qu'il fallait «aller plus loin» pour améliorer la situation des anciens combattants coloniaux. Dans les jours prochains, de nouvelles mesures devraient être annoncées. Le ministère des Anciens combattants y travaille avec Bercy, car aucune ligne budgétaire n'est prévue dans le projet de loi de finances pour 2007. «Cela porte sur plusieurs dizaines de millions d'euros supplémentaires», indique-t-on aux Anciens combattants. Au total, près de 80 000 vétérans, âgés de plus de 65 ans, sont concernés dans 23 pays. Environ 40 000 vivent en Algérie et au Maroc, et 15 000 en Afrique noire, en particulier au Sénégal et au Tchad.
A l'époque de l'indépendance des Etats africains, les pensions des anciens combattants ont été gelées à leur niveau de 1959. C'est ce que l'administration française appelle la «cristallisation». «Elle a été brutale, raconte Eric Deroo, spécialiste de l'histoire des troupes coloniales, auteur de la Force noire (Tallandier). Mais, à l'époque, les dirigeants des Etats africains voulaient rompre le lien direct entre la France et ses anciens soldats, et ils demandaient à gérer eux-mêmes cet argent. Puis, au fil des ans, des textes sournois sont venus durcir les conditions d'attribution.» Les inégalités se sont alors creusées, puisque les pensions des anciens combattants français étaient régulièrement revalorisées. Aujourd'hui, les anciens tirailleurs perçoivent en moyenne un quart de ce que touchent leurs camarades français. Des injustices plus criantes ont été signalées, avec des différences de l'ordre de un à dix.
En 1996, un ancien sergent-chef sénégalais, Amadou Diop, porte plainte contre l'Etat français. Et, en 2001, le Conseil d'Etat lui donne raison... à titre posthume. Mais le gouvernement est obligé de revoir sa copie. La facture de 1,85 milliard d'euros de rattrapage fait reculer le gouvernement Jospin. En 2002, une «décristallisation» partielle est engagée par Hamlaoui Mekachera, né en Algérie et ancien officier de l'armée française. Pour réduire la facture, l'idée est de substituer la notion d' «équité» à celle d' «égalité». Le niveau des pensions sera calculé à partir du niveau de vie de chaque pays, à partir des chiffres fournis par les Nations unies. «Le rattrapage a coûté 220 millions d'euros, dont 130 la première année», indique le ministère des Anciens combattants.
Malgré ces avancées, les associations de défense des immigrés, comme le Gisti, et de nombreux anciens militaires réunis au sein du Conseil national pour la défense des droits des anciens combattants d'outre-mer de l'armée française, souhaitaient aller plus loin, vers une égalité complète de traitement. Cela semble acquis pour les détenteurs de la carte du combattant, qui doivent avoir passé au moins 90 jours dans une unité opérationnelle au cours d'une guerre. Pour un Français, cette pension s'élève en moyenne à 450 euros par mois. Mais d'autres prestations sont concernées : pensions d'invalidité pour les blessés, pensions de retraite pour des militaires qui ont servi pendant au moins quinze ans sans forcément participer à des guerres, pensions aux veuves. Se pose enfin la question de la rétroactivité de ces mesures, qui, en droit français, ne peut dépasser quatre ans. Après quarante ans d'injustice.
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Le quart des pertes de l'armée française entre 1939 et 1945
Les soldats venus d'outre-mer ont été envoyés massivement au front dès la Première Guerre mondiale.
Par Antoine de GAUDEMAR
QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00
En 1944, selon l'historien Dominique Lormier (1), l'armée française compte 550 000 hommes, dont plus de la moitié venus de l'outre-mer : 134 000 Algériens, 73 000 Marocains, 26 000 Tunisiens et 92 000 originaires d'Afrique noire. Ces hommes n'ont pas été enrôlés pour l'occasion. L'armée d'Afrique existe depuis 1830, quand l'état-major du corps expéditionnaire français en Algérie forme les premiers bataillons de zouaves, composés à l'origine de Kabyles. Quelques années plus tard et au fur et à mesure de l'expansion coloniale de la France en Afrique, seront créés la Légion étrangère, puis les bataillons de spahis marocains, de chasseurs algériens et de tirailleurs sénégalais (terme qui désignera vite tous les soldats noirs de l'armée française). On forme également des compagnies sahariennes (méharistes et goumiers). Le recrutement était en principe fondé sur le volontariat, mais les exemples abondent d'enrôlements de force, surtout en Afrique noire. Les autres colonies (Antilles, Polynésie, Madagascar, Indochine) ont aussi fourni un important tribut à la défense de la métropole.
L'engagement des troupes africaines est très important dès la Première Guerre mondiale, puisque 70 000 combattants musulmans tombent pendant la seule bataille de Verdun en 1916. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, l'armée d'Afrique participe à partir de 1942 de manière très active à la libération de la France. La 2e DB du général Leclerc est ainsi composée d'un mélange de Français de métropole, de pieds-noirs, de Libanais, d'Algériens, de Marocains, de Noirs d'Afrique équatoriale et d'Indiens des comptoirs. Au final, le bilan sera lourd : 60 000 soldats (occidentaux et africains) de l'armée d'Afrique auront péri en 1945, soit le quart des pertes françaises pendant tout le conflit. Parmi eux, les fameux tirailleurs sénégalais, «mes frères noirs à la main chaude, couchés sous la glace et la mort», que chanta seul et pendant longtemps le grand poète Léopold Sédar Senghor. En attendant la pleine reconnaissance de l'Etat français, enfin.
(1) Dont C'est nous les Africains. L'épopée de l'armée française d'Afrique (1940-1945) vient de paraître chez Calmann-Lévy.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/206570.FR.php
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«L'affirmation de notre identité française»
Colonies. Rachid Bouchareb, réalisateur d' «Indigènes», récuse l'idée d'un «film communautariste» :
Par Ange-Dominique BOUZET
QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00
Fils d'immigrés algériens promis à l'usine, Rachid Bouchareb s'est fait homme de cinéma tout seul. Devenu réalisateur et producteur (à l'enseigne de 3B, maison également productrice de Bruno Dumont), il signe avec Indigènes son cinquième long métrage, de loin le plus ambitieux : une superproduction budgétisée à quelque vingt millions d'euros, financée pour quinze grâce à de multiples concours et aux efforts consentis par ses quatre stars beurs, Jamel Debbouze en tête.
Indigènes, s'il ne sort qu'après-demain, fait déjà beaucoup de bruit...
Nous avons déjà des milliers de spectateurs. Depuis le 30 août, nous avons fait un tour de France d'avant-premières, en remontant l'itinéraire de la Libération. Les gens ont tant afflué qu'il a fallu multiplier le nombre des salles prévues ! Les débats étaient étonnants pour moi, qui, dans les projections, ai l'habitude de parler «film». Là, immédiatement, les discussions embrayaient sur l'histoire, la société d'aujourd'hui. Il y avait, bien sûr, des anciens combattants qui se souvenaient, mais j'ai vu des tas de gens, de tous les âges, bouleversés, qui disaient «on ne savait pas»...
Ce rappel du rôle des troupes d'outre-mer dans la libération de la France, c'était votre premier objectif ?
Mon premier besoin, c'était de comprendre ma propre histoire. Qu'avaient vécu nos ancêtres, à nous enfants d'immigrés, sous la colonisation ? Quel rôle ont joué nos grands-parents et nos parents dans la guerre et puis la reconstruction de la France ? Je porte ce souci, et ce projet, depuis des années. J'ai beaucoup enquêté et rencontré beaucoup d'anciens combattants. Pas seulement des Nord-Africains, mais aussi des Asiatiques et des Africains... Initialement, j'avais d'ailleurs prévu un soldat noir dans le scénario, mais on débordait les quatre heures. Quoi qu'il en soit, je ne vois pas Indigènes comme un film communautaire pour la communauté maghrébine. Ni moi, ni les comédiens ! C'est un acte général d'affirmation de notre identité française, pour tous les fils de l'immigration !
Avec Olivier Lorelle, mon coscénariste, nous avons fait énormément de recherches dans les archives. Le fait est qu'en termes d'images nous avons trouvé peu de chose. Quand «on» photographiait les «libérateurs», manifestement on préférait photographier les soldats métropolitains. De même que les promotions privilégiaient toujours d'abord les métropolitains, puis les pieds-noirs, les «indigènes» venant en bout de chaîne. En même temps, je n'ai pas voulu être manichéen : si le colonel s'en va à la fin en ignorant Abdelkader, ça n'est pas délibéré, c'est parce qu'il a déjà oublié, emporté par le mouvement... Mais tout est vrai. Des photographies d'officiers regardant de loin, à la jumelle, l'infanterie indigène se faire massacrer, j'en ai. Les sandalettes dans la neige, aussi : l'armée française dépendait totalement, pour son équipement, de l'armée américaine, alors les chaussures des goumiers marocains... La scène des tomates fraîches réservées à la popote des seuls «Français», c'est également une anecdote vécue. Quant à la censure des lettres échangées par Messaoud et son amie marseillaise, elle est conforme aux rapports que nous avons trouvés au 2e bureau de Vincennes. Evidemment, il fallait éviter que les soldats ne communiquent des renseignements dangereux sur leurs positions, leurs mouvements, etc. Mais on voit très bien que la censure écrémait aussi les correspondances sous un angle social, en considération des relations qu'on ne voulait pas voir s'instaurer après la guerre.
Indigènes appelle à la mise à niveau des retraites des anciens combattants d'outre-mer. Pensez-vous gagner ?
En tout cas Jacques Chirac nous l'a promis. Il a vu le film, le 5 septembre, lors d'une avant-première organisée par la Fondation Claude Pompidou. Nous lui avons remis l'appel pour l'égalité des droits entre anciens combattants français et coloniaux. Il nous a assuré que le nécessaire allait être fait. En attendant, les gens peuvent trouver le manifeste sur le site Internet du film (1) : nous les invitons à le télécharger et à l'adresser à l'Elysée !
(1) www.indigenes-lefilm.com
http://www.liberation.fr/actualite/societe/206571.FR.php
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Pour la cause, un recadrage efficace
«Indigènes» dénonce la condition des soldats venus des colonies combattre pour la libération de la France.
Par Didier PERON
QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00
Indigènes de Rachid Bouchareb, avec Jamel Debbouze, Samy Naceri, Roschdy Zem, Sami Bouajila, Bernard Blancan. 2 h 08.
Dès après 1945, le cinéma a puisé dans l'histoire de la France de la Seconde Guerre mondiale encore fumante la matière d'un nombre incalculable de fictions qui déclinèrent quelques grands thèmes honte de la collaboration, héroïsme de la Résistance, heures épiques de la Libération... propres à cimenter l'identité nationale. Parfois au prix du mensonge cocardier, ou au moins d'approximations, et souvent en instaurant un rapport tendu entre vérité factuelle et instruments de la fiction, comme l'ont encore montré les polémiques suscitées à leur sortie par Lucie Aubrac (1997) de Claude Berri ou Laissez-passer (2002) de Bertrand Tavernier.
Vision «blanchie». Avec Indigènes, Rachid Bouchareb opère un recadrage brutal de la vision que le cinéma nous donne de cette époque en exhibant une pièce du dossier jusqu'ici maintenue hors champ : la place des soldats des colonies (Afrique du Nord et Afrique subsaharienne) dans la marche victorieuse des troupes de la Libération contre l'occupation nazie. Pour la première fois, un film agglomère les moyens de la reconstitution historique à grand spectacle et un casting d'acteurs de premier plan (dont une star de la carrure de Jamel Debbouze, par ailleurs coproducteur) pour corriger la vision mutilée que le grand public continue d'avoir de cette période, vision systématiquement «blanchie» au détriment des goums et spahis maghrébins et autres tirailleurs sénégalais.
Indigènes commence donc en 1943 en Afrique du Nord. Un recruteur arpente les ruelles des bleds pour inciter les hommes à rejoindre l'armée afin de libérer la «mère patrie» de l'envahisseur nazi. Les candidats se bousculent et le récit nous permet de suivre le parcours de quatre d'entre eux, depuis les premiers combats sur les contreforts brûlants de la Sicile jusqu'aux coups de feu avec l'ennemi en déroute dans un village alsacien. Saïd (Jamel Debbouze), Yassir (Samy Naceri), Messaoud (Roschdy Zem) et Abdelkader (Sami Bouajila) n'ont jamais foulé le sol français, auquel ils se sentent néanmoins intimement liés. Tous les quatre servent sous les ordres d'un sergent pied-noir, Martinez (Bernard Blancan), figure ambivalente, pris entre le désir de protéger ses hommes (une majorité de ruraux illettrés) et la peur d'être confondu avec eux. Car ses soldats, «musulmans», «autochtones», «indigènes», découvrent peu à peu que, bien que se battant au service d'une juste cause, ils n'en tireront aucune réciprocité en leur faveur. L'inégalité règne partout : les rations alimentaires, la solde, le barda, les permissions (ils n'en ont pas !), la vitesse de promotion dans la hiérarchie militaire... Ainsi, Abdelkader, le plus instruit des quatre, se forge une conscience révoltée au fil des vexations que lui infligent des supérieurs désinvoltes. Il reste cependant fidèle à son désir premier, celui d'une reconnaissance fondée sur les actes accomplis et non les fausses dissymétries de l'appartenance ethnique.
La charge émotionnelle du film tient à l'évidente iniquité du sort réservé à ces soldats régulièrement traités de « bougnoules » entre deux raids épouvantables, mais aussi à la duperie dont ils sont les jouets. Leur sang n'achète que la liberté reconquise de leurs maîtres.
Bons sentiments. Le film n'est pas seulement une entreprise de réhabilitation, il entend inscrire dans le patrimoine national des images inédites, ou abolies : villageois provençaux accueillant dans la liesse les soldats arabes et noirs, face-à-face dans le paysage d'un bourg de l'Est entre des soldats nord-africains et des escouades allemandes, etc. Pour séduire et convaincre, Bouchareb ne lésine pas sur les bons sentiments, et les soldats des colonies sont ici sans exception des braves gars incapables de la moindre faute ou indignité. Car c'est bien le sujet (ou l'intention positivante, si l'on veut) qui dicte l'action et programme intégralement la conduite de personnages qui ne sauraient porter préjudice à la cause plaidée. En ce sens, Indigènes apparaît aussi comme un film militant d'une grande efficacité.
http://www.liberation.fr/actualite/societe/206579.FR.php
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«C'est nous qui étions en première ligne»
A Arcueil, rencontre de l'équipe du film avec 150 lycéens peu revendicatifs.
Par Catherine COROLLER
QUOTIDIEN : Lundi 25 septembre 2006 - 06:00
«V ous voulez déconner ou vous voulez qu'on parle sérieusement ?» Rachid Bouchareb paraît frêle, mais son ton est ferme. Face à lui, dans ce cinéma d'Arcueil (Val-de-Marne), près de 150 lycéens de seconde, première et terminale qui viennent de voir Indigènes en avant-première. Après la séance, place au débat avec l'équipe du film : Rachid Bouchareb, bientôt rejoint par Jamel Debbouze et Samy Naceri. Lorsque Debbouze entre dans la salle, des dizaines de bras brandissant des téléphones portables se lèvent pour le prendre en photo, mais le comique n'est pas venu pour faire son numéro frénétique habituel.
Fondateur. Coproducteur d' Indigènes, le sujet du film lui tient particulièrement à coeur. «Je ne sais pas si vous vous êtes déjà demandé quel parcours vos ancêtres avaient fait pour arriver jusqu'ici, lance-t-il à la salle. Moi, je suis né ici, j'ai grandi ici sans me poser la question. Souvent, j'entendais Jean-Marie Le Pen nous demander de nous barrer, et je me disais : "Mais non, je suis d'ici."» La rencontre avec Rachid Bouchareb l'a obligé à regarder son histoire familiale en face : «Il m'a parlé de cette guerre, il m'a dit que mon grand-père avait été enrôlé dans l'armée française, j'ai découvert que beaucoup de combattants avaient fini dans des bidonvilles, dans des foyers Sonacotra, j'ai pris tout ça en pleine figure, je me suis d'un coup presque senti investi d'une mission.»
L'acteur voulait que soit raconté aux jeunes ce moment fondateur : «Il faut juste que vous compreniez ça, que vous avez une histoire en commun avec la France, que vous êtes légitimes dans ce pays que vous soyez noir, marron, jaune...», insiste-t-il sous des applaudissements nourris. Samy Naceri aussi a découvert grâce au film que l'un de ses ancêtres avait combattu dans l'armée française : «Il faut que vous gardiez à l'esprit que vos grands-parents se sont battus pour libérer la France. Il n'y avait pas que les Irlandais, les Ecossais, les Américains. Cela fait de vous des Français à part entière.» Samy Naceri s'emballe : «C'est nous qui avons libéré Marseille, Toulon, Monte Cassino, la Corse... Les premières balles, c'est nous qui les avons prises, c'est nous qui étions en première ligne.»
Tout au long du débat, les trois artistes interpellent les lycéens, le cinéaste les invitant même à aller voir sur le site du ministère de la Défense si le nom de leurs ancêtres y figure. La salle est à l'image de la France d'aujourd'hui : black-blanche-beur, beaucoup de jeunes affichant également des origines asiatiques, mais elle n'est guère revendicative. Beaucoup de lycéens ont surtout envie de voir Jamel Debbouze.
«Pas revanchard». Quelques mains se lèvent toutefois pour demander «ce que sont devenus ces soldats après la guerre», s'ils «ont été récompensés», si Rachid Bouchareb envisage de «faire une suite». Le réalisateur répond que certains de ces combattants sont restés dans les rangs de l'armée française et ont fait la guerre d'Indochine, et qu'il envisage effectivement un autre film sur les guerres d'indépendance. Bien que véhéments devant ces lycéens, les trois artistes se défendent de tout sentiment «revanchard». Comme le dit Jamel Debbouze : «Ce film raconte combien la France a été injuste mais grande aussi. Il raconte aussi notre amour pour ce pays.»
http://www.liberation.fr/actualite/societe/206583.FR.php
© Libération
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