A Argenteuil, Hollande et Strauss-Kahn s'opposent à la politique de Sarkozy
vendredi 22 septembre 2006, 0h58
ARGENTEUIL (AFP) - Les dirigeants socialistes François Hollande et Dominique Strauss-Kahn se sont rendus jeudi soir dans un quartier populaire d'Argenteuil, à l'endroit où Nicolas Sarkozy s'en était pris à "la racaille", pour opposer leur politique à celle du ministre de l'Intérieur, a constaté l'AFP.
Les deux hommes, arrivés séparément, venaient saluer "la caravane du projet", organisée par les jeunes socialistes, et qui faisait étape dans cette banlieu du nord-ouest de Paris après avoir sillonné la France depuis le début du mois d'août.
Sur "la dalle" d'Argenteuil, où vivent beaucoup de Français issus de l'immigration, ils ont été accueillis par le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS), Razzye Hammadi, fils d'un père tunisien et d'une mère marocaine, et par deux conseillers généraux du PS.
"Nous sommes venus dans ce quartier parce que Nicolas Sarkozy y a mis l'étincelle", en parlant de "racaille" à propos de jeunes délinquants vivant dans ces cités, lors d'une visite sur place début novembre 2005, a déclaré le premier secrétaire du PS François Hollande, alors que venaient de s'élever quelques cris ("A bas Sarkozy!").
"Nous revenons un an après, pour dire que ces quartiers ont un avenir, que ses populations doivent être respectées et qu'en même temps, il faut des règles qui soient les mêmes pour tous et toutes", a ajouté M. Hollande.
Selon le numéro un socialiste, le rapport du préfet du département limitrophe de Seine-Saint-Denis montre "l'échec considérable" du ministre de l'Intérieur car il en ressort que "la délinquance n'y a pas régressé, mais progressé".
Sur "la dalle", Dominique Strauss-Kahn, lui-même député du Val-d'Oise, ne s'est pas laissé démonter par la contradiction qu'était venu lui porter un Français issu de l'immigration fervent partisan de la "discrimination positive" prônée par le président de l'UMP.
"Je ne veux pas qu'on sélectionne quelques individus qui ont bien réussi au lycée et qu'on se donne bonne conscience", a argumenté l'élu de Sarcelles. "C'est ce que la droite a toujours fait. C'est de la charité, ce n'est pas de la solidarité!".
"Je veux qu'on lutte contre les discriminations négatives et qu'on fasse en sorte de revenir sur les conditions difficiles dans lesquelles sont tous les jeunes d'Argenteuil!", a-t-il ajouté, très combatif.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire